À QUI PROFITE INTERPOL ?

L'AGENCE POLICIÈRE INTERNATIONALE FINANCÉE PAR

LES INDUSTRIES PHARMACEUTIQUES, DU TABAC ET AUTRES

 

 CONFLITS D'INTÉRÊTS EN VUE

Une organisation policière internationale, au service des États, risque-t-elle de servir des intérêts privés en acceptant un financement de grandes firmes œuvrant dans une logique de profit et de dividendes à servir à leurs actionnaires? C'est la question de conflits d'intérêts soulevée par un magazine lyonnais, dans la ville où est implantée le siège d'Interpol.

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« Depuis deux ans, l’organisation mondiale de police basée à Lyon ouvre de plus en plus son financement au secteur privé. Mais, en concluant des partenariats avec l’industrie du tabac, la pharmacie ou la Fifa, Interpol laisse éclater au grand jour des conflits d’intérêts majeurs dans sa lutte contre le crime international », écrit le magazine Lyon Capitale en ouverture d'un dossier sur « L’immoral financement d’interpol ».

Un des articles évoque par exemple l'« Accord Interpol-Big Pharma: une menace pour les pays du Sud ?  »

Pour slate.fr, « Une organisation chargée notamment de lutter contre le trafic illégal de cigarettes à l’international et la corruption peut-elle accepter d’être financée par Philip Morris, le premier fabricant de cigarettes au monde, et par la Fifa, une fédération entachée par de nombreux scandales de corruption au cours des dernières années ? »

Big Pharma, le consortium de 29 des plus grandes industries mondiales, détenteur de brevets et défenseur des intérêts des pays riches, est effectivement en lutte ouverte sur la question des génériques et de la défense acharnée de ses brevets. Pour des raisons strictement économiques, de maintien et de développement de parts de marchés.

Interpol entend lutter contre les réseaux criminels organisés en se livrant au niveau international à l’import-export, la fabrication et la distribution de médicaments illicites et de contrefaçon. « Une action coordonnée de la part de tous les secteurs au niveau international est donc vitale pour identifier les auteurs de ces infractions, enquêter sur leurs agissements et les traduire en justice ». Interpol coordonne des opérations sur le terrain, et dispense de formations au sein d'organismes officiels et policiers luttant contre ces délits dans le secteur de la pharmacie.

En dépendant financièrement de ces laboratoires multinationaux, qui lui accordent 4,5 millions d'euros, Interpol risque de servir, directement ou indirectement, leurs logiques et leurs intérêts économiques contre les objectifs de santé publique des pays du Sud et les sociétés fabriquant des génériques à bas coût.

Brevets ou santé publique

« On est en train de créer une ambiguïté entre la falsification d’un brevet d’un côté et les copies de mauvaise qualité de l’autre », analyse Germán Velásquez, ancien responsable du département Santé publique, Innovation et Propriété intellectuelle à l’OMS, Organisation mondiale de la santé et aujourd’hui, conseiller pour l’organisation internationale South Centre basée à Genève, qui défend les intérêts des pays en développement et l'idée que les médicaments sont des biens publics à l'échelle mondiale.

« La contrefaçon est essentiellement un enjeu de propriété intellectuelle, de violation de marques, pas de santé publique », renchérit K Gopakumar de l'organisation indienne Third World Network, alors que les faux médicaments sans principe actif ne sont d'aucun secours pour la santé, quand ils n'ont pas des effets nocifs, voire mortels.

Sources : Lyon Capitale ; Associated Press ; The Time of India (New-Delhi); Slate.fr; Pharmamanufacturing.com (Itasca, Illinois, USA).

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Posted in Criminalités n°8 - juin, juillet, août 2013, Dépêches / n°8, Les dépêches - La chronique, Les dépêches hebdomadaires, Revue Criminalités and tagged , , .

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