LA SERBIE EN EUROPE, LES CRIMINALITÉS EN PORTE À FAUX

ENTRÉE EN EUROPE ET ACCORDS AVEC LA RUSSIE,

LA SERBIE ACCENTUE SA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION

En visite à Belgrade le 2 septembre, Thierry Repentin, ministre délégué chargé des affaires européennes du gouvernement français, a exprimé son soutien à l'entrée de la Serbie dans l'Union européenne, à la veille des négociations d’adhésion dont l'ouverture est prévue en janvier 2014.

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Les efforts pour livrer à la justice internationale les responsables militaires accusés de crimes de guerre ont joué dans l'acceptation du dossier serbe à la porte de l'UE.

« Les oligarques serbes – jamais très loin du monde politique – sont maintenant favorables à l’adhésion européenne. Ce serait une aubaine pour leurs "affaires" », note Diploweb, qui analyse les intérêts pour le peuple serbe :

«  Avec un indice de perception de la corruption évalué à 39 sur 100 par Transparency international en 2012, une criminalité organisée solidement implantée, une diplomatie souvent aux mains de technocrates de l’"ancien régime" et des services de sécurité qui n’ont pas été purgés… rien ne garantit que la manne russe et les fonds européens soient optimisés dans l’intérêt général Aujourd’hui, la Serbie est le plus pauvre des candidats officiels à l’Union européenne, avec un PIB par habitant en standard de pouvoir d’achat à 35% du niveau moyen de l’UE. Autrement dit, les 4x4 rutilants des mafieux n’empêchent pas la Serbie de se trouver à des années lumière de l’UE ».

Ces prochaines discussions d'entrée dans l'Union européenne intégreront les efforts de normalisation des relations avec le Kosovo mais surtout les enjeux géostratégiques liés au transit des flux énergétique entre la Russie à l’Europe de l’Ouest par la mer Noire.

Russie et Serbie ont déjà signé un partenariat stratégique sur les questions d'énergie, prévoyant «  de réaliser des projets conjoints d’envergure dans les secteurs pétrolier et gazier ». La Russie tient à renforcer son influence dans les Balkans.

D'un autre côté, l'adhésion devra faire le ménage pour réduire les phénomènes de corruption dont les oligarques se sont fait une spécialité, Certains comme Stanko Suboti se sont impliqués dans les trafics d’armes, de cigarettes ou de drogues, comme le note le rapport établi en janvier 2013 par la DAS, Direction des affaires stratégiques du ministère de la défense français.

Un autre reproche pourra être fait aux autorités serbes, concernant les nombreuses protections politiques dont aurait profité Darko Saric, considéré comme l’un des principaux trafiquants de drogue en Europe, en fuite depuis 2010, après avoir été inculpé par la justice serbe, ainsi que 19 membres de son « clan ».

Dans ses dernières déclarations, le 29 août, le premier ministre serbe Ivica Dacic, à propos des efforts contre les criminalités organisées, a du admettre que la capture de Sarko Saric n'était pas à attendre dans les prochains mois. « Nous travaillons sur son arrestation avec les forces de polices les plus puissantes dans le monde, et nous sommes impliqués au maximum » a dit le Premier ministre Dacic.

« Selon un rapport de police que la radio B92 affirme s’être procuré, c’est Branko Lazarevic, ancien directeur de cabinet d’Ivica Dacic au ministère de l’Intérieur, qui aurait assuré la « communication » avec le narcotrafiquant [Sarko Saric], ce que le Premier ministre a toutefois catégoriquement démenti » note le rapport de la DAS.

Sources : Ria Novosti (Moscou, Russie) ; Diploweb (Vincennes, France) ; inserbia.info (Belgrade, Serbie).

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Posted in Criminalités n°9 - septembre 2013, Dépêches / n°9, La chronique - dépêches et débats, La Gazette (intégrale), Les dépêches - La chronique, Les dépêches hebdomadaires, Revue Criminalités and tagged , , , , .

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