La feuille de coca réhabilitée au patrimoine des Andes

Pour le président bolivien Evo Morales, lui-même ancien producteur de coca, c'est un « triomphe de la culture andine ». La Bolivie est officiellement réintégrée au sein de la Convention Unique sur les Stupéfiants de 1961 des nations unies, sans l'obligation qui avait fait couler beaucoup d'encre, l'intransigeance exigeant l'interdiction de la tradition locale, la mastication de la feuille de coca. Une pratique des populations des Andes considérée comme élément du patrimoine national et culturel en Bolivie. Les indiens l'utilisent notamment pour contrer les effets de l'altitude.

Le 12 mars 2012, la Bolivie avait organisé une journée nationale de mastication de feuilles de coca, pour manifester publiquement son désaccord et pour tenter de lever l'interdit international qui pesait sur cette pratique ancestrale, bien éloignée des consommations de drogue des pays importateurs. Mais la Bolivie étant le troisième pays producteur de cocaïne, les Etats Unis avaient exigé cette condamnation de l'usage de mâcher la feuille de coca, l'amalgamant au marché de la cocaïne.

La Bolivie avait quitté la Convention Unique sur les Stupéfiants en juin 2011, en signe de protestation contre l’article 49 qui interdit la mastication de feuilles de coca et classait la feuille au rang des produits stupéfiants.

Sur les 62 pays membres de cette Convention Unique sur les Stupéfiants, lors du vote le 10 janvier 2013, quinze états se sont opposés (parmi lesquels les Etats-Unis, le Royaume Uni, la Russie, le Japon, la France...). Il en fallait au moins vingt pour laisser la Bolivie à la porte de la Convention. « Les producteurs de coca ont été accusés d’être des narcotrafiquants et ses consommateurs, de drogués. Alors que des universités des Etats-Unis et d’Europe ont démontré que la feuille de coca est bonne pour la santé ! » a commenté Evo Morales.

Si l'autorisation d'exporter est reçue, les feuilles de coca ne renfermerons pas de substances nocives. Morales a cité la Chine parmi les pays prêts à appuyer la demande en ce sens à l'ONU.

 

 

Cet article fait partie du dossier Les mutations des trafics de drogues

 

 

 

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