Anticriminalité : les progrès de la Serbie

 Anticriminalité : Belgrade monte en grade

 Samo Sloga Srbina Spasava : "Seule l’Entente sauve les Serbes", dit la devise nationale. La Serbie met en place des procédures efficaces contre les criminalités et enregistre des avancées à l’intérieur du pays, avec la Croatie, la Bosnie-Herzégovine... La géopolitique des réseaux criminels balkaniques dévoile néanmoins des manques dans la coopération régionale.

Tour d'horizon par Philippe Chassagne*.

 Depuis l’arrivée au pouvoir à l’été 2008 d’une coalition inattendue formée notamment par le Parti démocrate (DS) de l’ancien Premier ministre Zoran Djindjic, assassiné le 12 mars 2003, et le Parti socialiste de Serbie (SPS) de l’ex-Président yougoslave Slobodan Milosevic, décédé aux Pays Bas durant son procès devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) le 11 mars 2006, le gouvernement serbe a marqué des points dans la lutte contre la criminalité. Des opérations de police et des procès judiciaires en Serbie même, et des actions de coopération internationale ont témoigné à la fois des avancées réalisées mais aussi du chemin restant à parcourir dans la lutte contre des réseaux criminels aux ramifications étendues.

Des actions en Serbie

 A l’intérieur de la Serbie, la réforme judiciaire, annoncée en septembre 2008 et marquée par le processus de réélection des juges et des procureurs, a ouvert la voie à un assainissement du système. Les partisans du processus ont affirmé qu’il était le moyen le plus efficace pour débarrasser l’institution judiciaire de ses éléments corrompus ou compromis par leur passé sous Slobodan Milosevic. D’autres observateurs plus nuancés ont souligné le manque de transparence du processus, avec le risque de nouvelles nominations partisanes.

 Une autre avancée majeure a été l’entrée en vigueur au 1er mars 2009 de la Loi sur la confiscation des biens gagnés par des activités criminelles, à l’initiative de la ministre de la Justice Snezana Malovic. Elle a d’abord été appliquée à l’égard des anciens chefs du groupe criminel de Zemun, condamnés pour l’assassinat de Zoran Djindjic, dont Milorad Ulemek dit « Legija », l’ancien commandant de l’Unité pour les opérations spéciales du Département de la Sécurité d’État de Serbie (RDB), les « Bérets rouges », dont certains biens ont été temporairement saisis dans l’attente d’une décision définitive.

 La nomination en juillet 2008 de Sasa Vukadinovic, un fonctionnaire de police, à la tête de l’Agence de sécurité et de renseignement (BIA), a sans doute contribué à l’activité récente de l’agence en matière de lutte contre la criminalité. Mais le fait qu’il ne soit pas lui-même un produit du « Service » constitue un handicap pour contrôler complètement et surtout réformer l’institution héritière de l’ancienne Sécurité d’État, encore marquée par la période Milosevic.

 L’action judiciaire contre la criminalité a aussi été visible à travers des procès visant des figures majeures du milieu interlope de Belgrade pour des affaires remontant aux années 1990.

 Sreten Jocic dit « Joca Amsterdam » a ainsi été jugé pour avoir été l’instigateur d’un meurtre commis en juillet 1995 à Belgrade, par deux policiers qu’il aurait engagés et auxquels il aurait fourni des armes et un véhicule. Considéré comme un acteur majeur des milieux trafiquants des Balkans, Jocic a été arrêté en juin 2002 à Sofia et extradé aux Pays Bas afin d’y purger une peine de prison pour tentative de meurtre d’un policier, des faits remontant au début des années 1990. Puis il a été extradé en mars 2006 en Serbie, où dans l’attente d’un procès concernant le meurtre de 1995, il a rapidement été remis en liberté après avoir payé une caution de 300 000 euros. Le procès s’est finalement ouvert en avril 2009 et Jocic a été condamné pour ce crime le 3 juin 2010 à quinze ans de prison, la peine maximale en vertu de la Loi pénale en vigueur en 1995.

 Un autre homme d’affaires controversé, considéré comme une figure très influente de la scène criminelle locale et régionale, Andrija Draskovic, a été condamné le 22 septembre 2010 à dix ans de prison pour le meurtre de Zvonko Plecic, un ancien membre du groupe criminel de Surcin, le 11 septembre 2000, dans un restaurant belgradois. Draskovic s’était défendu lors du procès en invoquant la légitime défense, Plecic étant venu le provoquer et le menacer juste avant le crime. La cour lui a seulement accordé des circonstances atténuantes (il encourait quinze ans de réclusion). Draskovic, qui comparaissait libre, a été placé en détention à l’issue du procès. Ses avocats ont annoncé leur intention de faire appel du jugement.

 Coopération au dessus des frontières

 La lutte contre la criminalité régionale a également bénéficié d’avancées importantes à travers des actions de coopération auxquelles la Serbie a activement participé.

 Ce fut le cas pour l’enquête sur l’attentat du 23 octobre 2008 contre le propriétaire de l’hebdomadaire croate Nacional Ivo Pukanic et son collaborateur Niko Franjic. Nacional avait produit de nombreux articles sur les réseaux criminels régionaux depuis le début des années 2000. Le journal a mené des campagnes contre certains hommes d’affaires controversés et leurs appuis politiques, tout en en défendant d’autres, non moins controversés. Pendant plusieurs mois, la police et la justice croates ont collaboré étroitement avec leurs homologues de Serbie. Dès le 29 octobre, plusieurs individus, des Croates, des Serbes et un Monténégrin ont été arrêtés en Croatie, tous proches du Serbe Sreten Jocic, dit « Joca Amsterdam ». Ce dernier, resté libre malgré le procès qui le visait pour le meurtre de 1995, a été arrêté à Belgrade le 27 avril 2009, accusé d’être le principal responsable de l’attentat, sur la base de documents produits par les autorités croates. Deux autres Serbes mis en cause ont aussi été arrêtés à Belgrade les 30 et 31 mai 2009. Les actes d’inculpation pour le double assassinat de Pukanic et Franjic ont été rendus publics le même jour à Zagreb et Belgrade, le 26 octobre 2009. Le parquet de Serbie a inculpé Jocic, Milenko Kuzmanovic et Zeljko Milovanovic, ce dernier étant un ancien « Béret rouge ». A Zagreb, en plus de Milovanovic, ont été inculpés les Croates Robert Matanic, Luka Matanic et Amir Mafalani, et le Monténégrin Slobodan Djurovic. Jocic aurait organisé et payé 1,5 million d’euros pour le crime, dont le mobile aurait été d’empêcher de nouveaux articles sur les activités et les connexions des groupes criminels régionaux. Les procès ont démarré le 3 février 2010 à Zagreb et le 20 avril à Belgrade.

Coopération avec les voisins croates et bosniens

 Une avancée majeure dans la coopération judiciaire croato-serbe a été réalisée avec la signature le 29 juin 2010 d’un accord d’extradition entre les deux pays. Un accord qui concerne leurs citoyens respectifs accusés ou condamnés pour des affaires de crime organisé et de corruption. Le premier à en avoir fait les frais a été Sretko Kalinic, un ancien membre du groupe de Zemun. En fuite depuis l’assassinat de Zoran Djindjic en 2003, Kalinic a été arrêté à Zagreb après avoir été blessé par un autre fugitif de Zemun, Milos Simovic (ce dernier a été arrêté quelques jours plus tard par la police serbe à la frontière croato-serbe). Kalinic a été condamné à une peine de trente ans de prison pour sa participation à l’assassinat de Djindjic et à quarante ans pour d’autres crimes commis avec le groupe de Zemun (assassinats de rivaux, attentats, enlèvements contre rançon). Il a été extradé à Belgrade le 25 août 2010.

 La coopération de Belgrade s’est aussi développée avec la Bosnie-Herzégovine. Le 1er septembre 2009, la police de Serbie arrête neuf personnes. Toutes sont soupçonnées d’appartenir à un groupe criminel d’envergure régionale, plusieurs meurtres à son actif mais aussi des activités d’extorsion, des vols à main armée, des trafics de drogues et d’armes. Le chef présumé, Darko Elez, originaire de Sarajevo et titulaire de la double nationalité (Bosnie-Herzégovine et Serbie),  est arrêté à Belgrade. L’opération est coordonnée avec les forces de police de Bosnie-Herzégovine, dont l’Agence nationale d’investigation et de protection (SIPA), qui arrêtent une quinzaine de personnes, dont trois officiers de police et notamment le responsable du département antidrogue à la SIPA. Elez, recherché en Bosnie-Herzégovine, s’était caché en Serbie où il entretenait des liens avec le milieu criminel local. Son arrestation rappelle ainsi les liens maintenus entre les réseaux de la Republika Srpska et leurs homologues de Serbie.

 Et les Américains du Nord et du Sud

 Au niveau international, Belgrade a participé à une opération conjointe impliquant la BIA serbe, la DEA américaine et les polices uruguayenne et argentine. Le 15 octobre 2009, plus de deux tonnes de cocaïne destinées à l’Europe sont interceptées sur un voilier appartenant à un citoyen croate près du port de Santiago Vazquez en Uruguay (quinze kilomètres à l’ouest de Montevideo). L’opération, en préparation depuis plusieurs mois, visait un réseau de trafiquants croates, monténégrins et serbes : ils disposent de cellules dans de nombreux pays, y compris en Amérique latine, et sont présents quasiment de bout en bout de la filière, entre pays producteurs et marchés européens. Près de 500 kg de cocaïne destinés au même réseau sont trouvés un mois plus tard à Buenos Aires. Le 13 avril 2010, la justice serbe inculpe vingt personnes pour trafic international de cocaïne, dont le chef présumé du réseau en fuite, Darko Saric, citoyen serbe d’origine monténégrine. Ils sont aussi accusés d’avoir introduit 235 kg de cocaïne en Italie, saisis en janvier 2009. Une autre enquête est ouverte en Serbie pour blanchiment d’argent, et des biens appartenant à Saric ou à ses proches ont été saisis.

 Le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur de Serbie Ivica Dacic a effectué en juin 2010 une tournée de six jours au Brésil, en Argentine et en Uruguay pour signer des protocoles d’entente avec ses homologues locaux et les ministres de la Justice, affirmant que la coopération internationale était nécessaire pour arrêter les criminels serbes installés en Amérique latine. Le 28 septembre 2010, le ministre Dacic et le vice-ministre des Affaires étrangères uruguayen Roberto Conde ont signé à Belgrade un mémorandum sur la coopération policière entre les deux pays pour lutter contre le crime organisé et particulièrement le trafic de drogues.

 Depuis 2008, Belgrade a donc marqué de nombreux points, parfois en collaboration avec des partenaires étrangers, dans la lutte contre les réseaux criminels. Ces derniers s’étaient renforcés depuis les années 1990 en développant un rayonnement régional et parfois international. Durant les années 2000, la pacification ayant progressivement gagné l’ensemble des Balkans et les scènes politiques internes à chaque pays, a permis une amélioration de la situation. Des facteurs géographiques, géopolitiques et les legs du passé continuent néanmoins à poser des contraintes majeures dans la lutte contre la criminalité, tant en Serbie que dans son environnement régional.

 Un carrefour morcelé

 Première contrainte : la situation de carrefour des Balkans, dont la Serbie constitue le cœur. Axe de circulation à l’échelle continentale, unifié par de grandes routes transversales et disposant d’une façade maritime étendue, la région reste un lieu de passage important pour certains trafics illicites internationaux dont les ressorts se trouvent loin des Balkans, en premier lieu celui des opiacés entre l’Afghanistan et les grands marchés européens. La route traditionnelle Sofia-Belgrade-Zagreb demeure une voie importante du trafic et un axe structurant des réseaux criminels régionaux. Les relations de Belgrade avec le Kosovo et le Monténégro, via le sud de la Serbie, permettent également de nombreux échanges.

 Cette situation est valorisée par les connexions internationales développées par les réseaux locaux, à travers les communautés diasporiques (pays européens, Amériques), les relations de voisinage (Fédération de Russie, Italie, Turquie) et la capacité des trafiquants balkaniques à prendre en charge des flux illicites pour relier des espaces complémentaires. Les ports des Balkans sont ainsi devenus des étapes pour des filières de cocaïne latino-américaine destinée aux grands pays européens. Exemple de cette capacité d’extension internationale : le 14 mai dernier en Bolivie, trois agents de sécurité privée serbes (dont un ancien « Béret rouge ») qui protégeaient un Bolivien soupçonné d’être un important trafiquant de drogue de la province de Santa Cruz, William Rosales, sont tués avec trois autres gardes du corps locaux lors d’une embuscade menée par un groupe rival pour kidnapper Rosales.

 Objectif : intégration européenne

 La centralité des Balkans se pose aussi vis-à-vis des grandes puissances, un pays comme la Serbie recherchant un équilibre politique délicat entre chacune d’entre elles. La perspective d’intégrer l’Union européenne donne une importance fondamentale aux relations avec Bruxelles, dans le cadre du processus d’adhésion. Les thèmes relatifs à l’État de droit (réduction de la corruption, réformes judiciaires, lutte contre la criminalité) se sont imposés au premier plan de ces relations. La présence et le rôle des États-Unis depuis les années 1990 en font un autre acteur incontournable, qui cherche à diversifier ses partenaires locaux et agit selon ses propres priorités en matière de sécurité nationale, notamment le trafic de cocaïne. La Fédération de Russie, qui développe sa politique énergétique comme un outil diplomatique, et qui investit sur place à travers des acteurs publics ou privés, fait aussi partie des acteurs de poids dans la région.

 Dans un tel contexte, compte tenu des différents environnements sociaux concernés par les réseaux criminels (politiques, institutionnels, entrepreneurs, truands), la lutte contre la criminalité n’est qu’un enjeu parmi d’autres, impliquant de nombreux acteurs, avec des stratégies et des interactions multiples. Par ailleurs, les sommes retirées des grands trafics et en particulier des drogues représentent des montants considérables pour la région et surtout les plus petits pays. Il est encore tentant pour de nombreux acteurs d’y intervenir, ne serait-ce que pour contenir le développement de réseaux concurrents pouvant s’appuyer sur cette manne financière.

 Des coopérations difficiles

 Le morcellement de l’espace régional, accentué après les crises des années 1990, pose d’autres difficultés. Les acteurs criminels collaborent à travers des réseaux transfrontaliers fluides et se déplacent d’un territoire à l’autre, alors que les États peinent à coopérer ensemble. La Serbie occupe une position centrale fondamentale, avec des voisins comme l’Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM), la Bosnie-Herzégovine ou le Kosovo, encore relativement fragiles et notamment dans le contrôle de leur territoire. Les affaires précédemment évoquées ont offert un tableau contrasté en matière de relations bilatérales. Les rapports avec la Croatie se sont beaucoup améliorés. Sans la volonté commune de parvenir rapidement à un accord d’extradition, Sretko Kalinic, titulaire de la double nationalité croate et serbe, n’aurait pas pu être remis aux autorités serbes, la Croatie n’extradant pas jusqu’alors ses concitoyens.

 En revanche, les tiraillements avec le Monténégro, indépendant depuis le référendum de mai 2006, ont nui aux enquêtes sur le réseau du trafiquant présumé Darko Saric. Belgrade a émis des mandats d’arrêt en janvier 2010 et a réclamé aux autorités monténégrines d’arrêter plusieurs individus installés au Monténégro pour les extrader en Serbie. Peine perdue : les autorités de Podgorica les ont rapidement remis en liberté, invoquant l’absence de preuves pour rejeter ces arrestations. Le parquet serbe a expliqué ne pas avoir fourni les informations demandées pour ne pas compromettre l’enquête, ce qui met en lumière les soupçons répandus à Belgrade sur les protections dont pourraient bénéficier les trafiquants au Monténégro. Face aux critiques, certains dirigeants de Podgorica ont argué du fait que Darko Saric, bien que natif du Monténégro, était un citoyen serbe, ayant acquis cette nationalité en mai 2005. Les tensions politiques ont ainsi gêné la coopération policière et judiciaire entre les deux pays, alors que le réseau en question implique à l’évidence des liens transfrontaliers. L’ouverture fin septembre de discussions entre Belgrade et Podgorica pour parvenir à un traité d’extradition mutuel, semblable à l’accord croato-serbe de juin 2010, laisse entrevoir une amélioration de cette coopération.

Si les relations sont compliquées avec le Monténégro, elles sont quasiment inexistantes avec les autorités albanaises du Kosovo, depuis l’indépendance de février 2008. Ce vide empêche une lutte efficace contre les réseaux de l’héroïne contrôlés par des trafiquants albanophones (Kosovo, ARYM, Albanie), qui sont en relation avec leurs homologues des territoires voisins et notamment en Serbie, dans la région du Sandjak, à cheval entre Serbie et Monténégro.

 La troisième contrainte se pose à l’intérieur de chaque territoire. Après les crises des années 1990 (guerres, embargos, changements politiques), la lutte contre la criminalité dépend aujourd’hui étroitement de la (re)construction de l’État, notamment de secteurs clés comme les services de renseignement et l’appareil judiciaire, et de l’assainissement de la vie politique. Auparavant, les réseaux criminels sont entrés régulièrement en transaction avec d’autres environnements sociaux (politique, institutionnel, économique), la République fédérale yougoslave de Slobodan Milosevic ayant constitué un cas emblématique de cette imbrication.

 Intimidations, menaces et attentats

 Aujourd’hui ces réseaux, forts de leurs protections institutionnelles et politiques, ont recours aux intimidations et parfois aux attentats contre ceux, journalistes, ONG, opposants politiques, qui enquêtent sur des affaires sensibles ou dénoncent corruption et criminalité. A travers leurs relations personnelles ou économiques dans certains médias, ils peuvent orienter les projecteurs dans certaines directions, selon leurs intérêts. Certains sont suffisamment puissants pour menacer les politiques et les responsables institutionnels qui luttent contre eux, comme c’est le cas en Serbie depuis 2009. La ministre de la Justice Snezana Malovic, après l’adoption de la Loi sur la confiscation des biens acquis par des activités criminelles et l’instauration de la procédure de réélection des juges et des procureurs, semble avoir été particulièrement exposée. Sa sécurité a été prise en charge par les membres d’une unité spéciale de l’Armée serbe (VS), qui assurent déjà celle du président de la République Boris Tadic. Le 12 avril 2010, le Secrétaire d’État du ministère de la Justice, Slobodan Homen, a affirmé que des groupes criminels dont celui de Darko Saric, avaient planifié les assassinats du président Tadic, de la ministre Malovic, du Procureur spécial pour le crime organisé Miljko Radisavljevic, et de cadres du ministère de l’Intérieur et de la BIA. Le 31 juillet, le ministre de l’Intérieur serbe Ivica Dacic a confirmé que sa famille avait été placée sous protection policière en raison des menaces venues de groupes criminels.

 Tournée vers l’Union européenne, la Serbie fait face à des défis qui concernent l’ensemble de l’espace balkanique. Ce dernier est désormais confronté à sa problématique traditionnelle, celle de son intégration à réussir malgré son morcellement politique et des influences extérieurs multiples et parfois contradictoires. Ces difficultés pèsent sur la formation de l’État, dont les crises au cours des années 1990 ont favorisé les relations étroites entre institutions et criminalité. Les réformes et la coopération interétatique, que Belgrade semble actuellement promouvoir, demanderont encore du temps et des efforts, avec le soutien de Bruxelles, pour produire des effets durables dans toute la région.

 * Philippe Chassagne est docteur en géographie de l’université Panthéon-Sorbonne (Paris I), chercheur associé au laboratoire Europe, Européanité, Européanisation (EEE), université Michel de Montaigne (Bordeaux III). Auteur de « Territoires et réseaux en Europe du Sud-Est : la question de la criminalité », in Georges Prévélakis et Ali Kazancigil (dir.), Anatoli, dossier : Pour une nouvelle Entente balkanique, CNRS Éditions, Paris, n° 1, septembre 2010, pp. 171-182.

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