Bandidos, chapitre canadien

Moins connus que leurs rivaux les Hells Angels, les Bandidos sont implantés en Amérique du Nord surtout, Etats-Unis et Canada, mais aussi en Australie et en Europe. Leurs sillages, leurs histoires s'entrecroisent comme celles d'autres gangs, les Pagan ou les Outlaws, moins puissants. Comme les Hells Angels, les Bandidos jouent des mêmes équilibres entre expansion et contrôle, tant de leurs filiales que de leurs territoires. De même, leurs activités oscillent entre un souci de visibilité, pour en imposer, faire des démonstrations de force, et la nécessaire clandestinité, pour garantir leur propre sécurité et éviter les ennuis policiers et judicaires. Les valeurs qu'ils partagent partagent, notamment la loyauté et la solidarité sont en conflit permanent quand elles sont confrontées aux coups fourrés, aux ralliements aux clans adverses ou aux embrouilles financières, des détournements volontaires de recettes au simples retard, et négligences dans la remontée des dividendes. Du tout venant dans les familles des criminalités organisés, somme toute.

La structure de base est le chapitre de six à vingt membres, assez comparable à la cosca dans les mafias italiennes.

Un chapitre est composé d'officiers dotés de rôles précis, du président au capitaine de route en passant par le sergent d'armes. Les simple membre sont labélisés " full patch " . Les prospects sont les aspirants, en observation pour des périodes de six mois à un an. Les membres doivent être de race blanche, excluant les Noirs (dénommés "niggers" avec la connotation raciste et sudiste). Cette règle non écrite a été modifiée pour refuser les membres "d'origine africaine", ce qui ne change pas grand chose, voire élargit la discrimination.

La structuration est pyramidale, organisés en "chapitres" qui sont des association locales. avec des clubs soutien à la base, des clubs affiliés et labelisés "full patch". Leurs domaines de prédilection sont classiques : drogue, armes, prostitution. Leur histoire est connue : ce gang de motards fans de Harley Davidson a été fondé  au Texas en 1966 par un certain Don Chambers. Le slogan est « We are the people our parents warned us about » (« Nous sommes les gens que nos parents nous disaient d'éviter »).

Eclairage

« Les motards et les tenants de la suprématie blanche ont  beaucoup de caractéristiques en commun. Ils ont créé leur propre mythe, ils se croient distincts de la société traditionnelle et ils sont farouchement oppposés au statu quo; ils sont aguerris et habiles dans le recours à l'intimidation pour avoir gain de cause. Ils  comptent sur l'ingénuité des jeunes qui sont près à subir toutes sortes de revers pour être accueillis dans une organisationoù il se sentent plus que jamais valorisés », écrit Alex Caine dans " Fat Mexican ".

Ecrit par un policier infiltré pendant trois ans, le récit qui donne sa trame au livre culmine avec le massacre de Shedden, une ferme en Ontario où les règlements de compte entre le chapitre de Winnipeg et le chapitre de Toronto a laissé huit morts sur le carreau. C'était le 8 avril 2006.

Une petite part de l'ouvrage s'intéresse aux Bandidos d'outre Atlantique, c'est à dire implantés en Europe et en Australie.

 « Fat Mexican, L'ascension sanglante des Bandidos ». Alex Caine, Les éditions de l'Homme, Montréal, février 2010

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Posted in Criminalités n°4 - février 2013, Dépêches / n°4, Les dépêches - La chronique, Les dépêches hebdomadaires, Revue Criminalités and tagged , .

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