Cannabis de synthèse : la Suède interpelle l'Europe

Le Spice, cette marijuana de synthèse fait des morts en Suède, où les autorités suédoises demandent à l'Europe de légiférer.

Après la mort de deux consommateurs en l'espace de quinze jours, la Suède veut bannir le « spice », un cannabis de synthèse qui a de nombreuses versions pharmacologiques. Des dizaines de jeunes ont aussi du être placés en soins intensifs, ces derniers jours en Suède, qui est mobilisée depuis 2008 sur le sujet.

Le ministre de la Santé a demandé au parlement européen de classer ce produit comme un drogue, identifiant comme des substances dangereuses quelque 24 cannabinoïdes et sept cathinones (substances chimiques provenant des feuilles de l'arbuste Catha edulis, nommé khat dans une partie de l'Afrique) .

Jusqu'à présent, ce produit de synthèse échappe aux poursuites, n'étant pas considéré comme un drogue illégale. Mais il sera difficile de légiférer, étant donné les variantes dans le composition de cette famille de drogue de synthèse, changer un éléments pouvant permettre d'échapper au classement comme substance illégale.
Vendu sur Internet, officiellement comme de l’encens à brûler, présenté comme «impropre à la consommation humaine», le spice circule en Suède depuis plusieurs années, et porte différents noms, K2, Yucatan Fire, Moon Rocks, Bliss*... Ces derniers mois, la prolifération a atteint les collèges et les lycées notamment dans de l’île de Gotland, dans l'Est de la Suède. Les centres de désintoxication font le constat d'une mutation des usages, les patients jusqu'ici dépendant à l’alcool passent au spice.

De nombreux pays (Autriche, Allemangne, France, Luxembourg, Pologne, Lithuanie, Suède, Estonie) ont déjà tenté sans succès d'éradiquer la vente de cette marijuana de synthèse. L'Allemagne et l'Autriche ont mené dès 2008 des investigation pour identifier les substances actives composant les versions de spice sur leurs marchés.

La Suède a une des politiques les plus répressives en Europe sur la question du cannabis. Les lois suédoises permettent des condamnations à des peines de prison ferme pour l'usage de drogues dans un espace privé à partir de la confirmation de cette consommation par un test d'urine.

La Russie envisage aussi des peines jusqu'à huit ans de prison ferme appliqué aux revendeurs de spice, si la consommation a mené à la mort d'uin consommateur, ou si des groupes criminels organisés sont impliqué. Quelques 700 cas d'empoisonnement ont été enregistrés depuis septembre dernier en Russie, dont plus de deux douzaines de morts, selon l'agence fédérale anti drogue. FKSN.

Sources : Agence France Presse ;  Libération, Sputnik News.
* On lira aussi le rapport de 34 pages en anglais « Understanding of the spice phenomenon », publié par le « European Monitoring Center for Drugs and  and Drug Addiction » qui inventorie d'autres noms de variétés : Spice Silver, Spice Gold, Spice Diamond, Spice Arctic Synergy, Spice Tropical Synergy, Spice Egypt...

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