Ce matin, j'ai cours de corruption

La corruption peut gagngrener l'école, mais c'est aussi par l'école que les mentalités peuvent changer. Exemple en Italie, à l'initiative de Transparency International.

« Comment parler de la corruption à des jeunes en milieu scolaire ? » s'est interrogé la section italienne de l'ONG Transparency International. Un projet est né : « Un pas vers la légalité, mon école adopte Transparency International Italie ». Notamment en discutant de l'éthique dans le sport, et en faisant jouer et réfléchir sur la pièce de théâtre de Nicolas Gogol, « Le Révizor » ou « L'Inspecteur général », évoquant la peur panique de fonctionnaires d'une province russe confrontés à un contrôle des comptes et de la légalité des pratiques, qui risque de dévoiler leurs affaires troubles. Une critique des petitesses, tares, malhonnêtetés, fainéantises des fonctionnaires, rouages de la corruption.
Au plan mondial, l'ONG a lancé des campagnes du même type dans divers pays : Argentine, Bangladesh, Bosnie Herzegovine, Chili, Corée, Lituanie, Mexique, Maroc, Nepal, Pakistan, Papouasie Nouvelle Guinée, Iles Salomon, Sri Lanka, Thaïlande, Vanuatu, Venezuela.
Mais l'école n'est pas qu'un lieu de transmission de valeur, c'est aussi un lieu où la corruption imprime ses effets. Comment garantir que chaque euro, peso, dollar ou yuan dépensé pour l’éducation de nos enfants soit affecté à son objectif premier : construire des écoles, payer des professeurs, acheter des manuels scolaires ?
Dans de nombreux pays, la réputation du système éducatif est mise à mal par la corruption. L’an passé, selon le baromètre mondial de la corruption 2013 de Transparency International, près d’une personne sur cinq dans le monde a dû s’acquitter de pots-de-vin pour accéder à des services éducatifs. Dans les pays les plus pauvres, ce nombre s’élève à une sur trois.

présidente de Transparency International, Huguette Labelle expliquait  en octobre dernier:

« Pour pouvoir éduquer les citoyens engagés de demain, l’école doit elle-même être vierge de toute corruption. Nos écoles et nos universités doivent faire preuve de la plus grande intégrité si elles veulent former de futurs dirigeants en leur confiant les clés du succès et, plus important, en leur donnant les moyens de combattre toutes les formes de malversations. Les 15-24 ans, qui représentent un cinquième de la population mondiale, sont les citoyens d’aujourd’hui et les dirigeants de demain : ils sont le présent et l’avenir de la lutte contre la corruption ».

Source : Transparency International, et son rapport annuel sur l'éducation publié en octobre 2013 :

Les 442 pages du rapport sont divisées en cinq sections comportant des analyses et des recommandations produites par plus de 70 experts issus de plus de 50 pays :
- Evolutions de la corruption dans le secteur de l’éducation à l’échelle mondiale
- L’ampleur des phénomènes de corruption dans le secteur éducatif : éléments de compréhension
- Transparence et intégrité dans l’enseignement supérieur
- Méthodes innovantes pour lutter contre la corruption dans le secteur éducatif
- L’importance de l’enseignement pour renforcer l’intégrité à titre personnel et professionnel

Posted in Criminalités n°9 - septembre 2013, Enquêtes / n°9, Les dépêches - La chronique, Revue Criminalités and tagged , , .

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