Charlie Aboutboul, un mort dans la haute criminalité israélienne

Le chef du clan familial se serait suicidé chez lui.

Suicide d'un ponte des organisations criminelles israéliennes. Charlie Aboutboul se serait tiré une balle dans la tête jeudi 17 avril 2014.

Aboutboul, qui avait échappé à plusieurs tentatives d’assassinat par  le passé, devait purger prochainement une peine de prison de 16 mois pour tentative de kidnapping. Il était assigné à résidence avant l’application de la peine. Et réputé dépressif, ce qui pourrait accréditer la tête du suicide, même si les morts violentes de responsables de réseaux mafieux sont rarement le fruit d'un décision de l'intéressé.

Originaire d’Afrique du Nord et implantée à Netanya, près de trel Aviv, la famille Aboutboul est souvent cité dans l'actualité des criminalités organisées : en 2009 Assi Aboutboul, un neveu de Charlie est condamné à 13 ans de prison. Assi Aboutbou avait succédé à la tête du clan à son père Félix, assassiné en août 2002 devant un casino qu’il possédait dans le centre de Prague, en République tchèque. En juillet 2011, François Aboutboul, autre autre neveu de Charlie est assassiné par des membres d’une bande rivale. Deux fils de Charlie Aboutboul, François et Aviv, purgent par ailleurs des peines de prison. Le clan semblait sur le déclin, tout en restant actif dans les activités de racket.

Selon Serge Dumont*, la multiplication des assassinats entre mafieux est due à la fois à la volonté de parrains de s’accaparer le terrain laissé par des chefs de bandes emprisonnés, et à des vengeances en boucle. Pour le porte-parole de la police israélienne, Micky Rosenfeld, ce sont «les actions renforcées de la police contre la criminalité organisée qui leur mettent la pression et rend la lutte entre les familles plus dure ». Il en veut pour preuve que plus de 500 personnes liées au crime organisé ont été arrêtées en 2013.

« Les organisations mafieuses israéliennes comptent parmi les plus violentes et les moins connues également. Certaines se contentent d’opérer à l’intérieur de l’Etat hébreu et dans les pays voisins, mais d’autres se sont implantées en Europe de l’est et de l’ouest, dans les principales villes du continent américain, ainsi qu’en Afrique du sud, en Australie et au Japon. Prostitution, blanchiment d'argent, racket, drogue, trafic d'armes, recel de biens volés, contrebande des diamants... les activités de cette mafia sont nombreuses. Les sommes générées par le crime en Israël, avec ses ramifications à l’étranger, sont tellement importantes que la mafia israélienne est arrivée à corrompre des personnalités politiques. Autant la police est efficace dans le combat contre le terrorisme palestinien, autant elle semble désarmée face à un crime structuré militairement », note Serge Dumont.

* Auteur de "L'histoire vraie de la mafia israélienne"; ed. La manufacture des livres, novembre 2013

  Sources : Libération, JSS News, 20 minutes.

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