Criminalités : des dynamiques qu’il faut appréhender

CHCP-150x150Voici le premier numéro de la Revue géopolitique des criminalités. Il reste accessible gratuitement, à titre d'exemple de ce que sont les suivants, quatre numéros payants par an. Organe de presse de l'Observatoire géopolitique des criminalités - l'OGC -, et régie comme lui par sa charte, la revue est éditée par une association autonome, OGC Presse, qui a demandé son agrément à la Commission paritaire de la presse et des agences de presse.

Son but : publier, pour reprendre les termes de la loi, des informations « d'intérêt général quant à la diffusion de la pensée » dans le but « d'éclairer le jugement des citoyens » La revue publie des analyses et des informations sur la géopolitique des criminalités, en donnant à ces deux notions un sens beaucoup plus large que la seule compétition entre les États pour la domination du monde et les seules infractions réprimées par ceux-ci.

A nos yeux, la géopolitique ne se réduit pas à des activités diplomatiques, des manœuvres de services secrets et des conflits armés de haute ou basse intensité, mais se déploie dans des dimensions économiques et sociales essentielles dont il faut rechercher, sans à priori, les tenants et les aboutissants. Les « criminalités » que nous observons sont nombreuses et fonctionnent en réseaux de toute nature : elles trafiquent d'innombrables produits issus de l'agriculture ou de l'industrie, proposent les services les plus divers à commencer par la fraude financière, s'attaquent à l'environnement ou directement à l'être humain, utilisent la violence la plus brutale comme la plus insidieuse mais toujours d'une manière réfléchie, s'infiltrent dans la société légale à partir de territoires apparemment extérieurs ou naissent en son cœur.

Avec son regard indépendant, la revue propose, non pas une description exhaustive, mais une vue d'ensemble, en cherchant à décrypter les interactions entre les différentes causes et conséquences. Sans tabou ni complaisance envers qui que ce soit. Par des analyses inspirées par le souci du bien commun, le revue prend sa part dans les débats sur les politiques effectivement mises en place par les États. Cependant, comme l'OGC, elle n'a pas vocation à préconiser elle-même de solution.

Pour voir plus clair dans ce monde opaque des dynamiques criminelles, terriblement réactives, l'OGC et la revue se donnent un moyen essentiel qui, à notre connaissance, n'a jamais été utilisé systématiquement: faire travailler ensemble et dans la durée, des chercheurs, des journalistes et des praticiens. Chacun avec ses méthodes, son rythme et ses contraintes, dans une collaboration active dont nous voulons défricher les voies avec rigueur. Cette entreprise de longue haleine nous confronte à des forces puissantes, dangereuses, parfois invisibles.

Notre seule arme à nous, c'est la plume et nous avons à l'esprit Sun Tzu, le maître chinois de la stratégie :

«Connaissez l'ennemi et connaissez-vous vous-même ; en cent batailles vous ne courrez jamais aucun danger. Quand vous ne connaissez pas l'ennemi et que vous vous connaissez vous-même, vos chances de victoire ou de défaite sont égales. Si vous êtes à la fois ignorant de l'ennemi et de vous-même, vous êtes sûrs de vous trouver en péril à chaque bataille».

Charles-Henri de Choiseul Praslin

Posted in Criminalités n°1 - oct. 2010 / janv. 2011, Edito / n°1, Éditos, Revue Criminalités.