S'Y METTRE À 34 PAYS, POUR SAISIR QUOI ?

OPÉRATION LIONFISH ,

COORDONNÉE PAR INTERPOL 

DANS LES CARAÏBES

ET L'AMÉRIQUE CENTRALE

 

Commentée par D FIGUEIRA

Université West Indies, Trinidad

 

Coordonnée par Interpol, avec l’appui des garde-côtes français et de la Gendarmerie royale du Canada, ciblant en même temps les trafics de stupéfiants et d'armes, l'opération « Lionfish » a mobilisé les services de 34 pays. Notamment vers les pays les plus sensibles en terme de criminalités organisées : Honduras, Guatemala et Panama.

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Butin officiel : 24 tonnes de cocaïne, 5,7 tonnes de marijuana, 8 tonnes de précurseurs chimiques. Valeur estimée : 822 millions de dollars américains. 142 personnes ont été arrêtées, 15 navires saisis, 42 armes à feu et environ 170 000 dollars US en espèces.

L'opération a été menée entre le 27 mai et le 10 juin, mais rendue publique plus tard pour ne pas gêner les investigations complémentaires.

« L’intérêt des opérations telles que Lionfish ne se limite pas aux arrestations et aux saisies : il s’agit également pour Interpol d’apporter un appui à ses pays membres afin de renforcer la coopération nationale et régionale entre les services chargés de l’application de la loi dans le cadre des efforts déployés sans relâche par l’Organisation pour cibler les réseaux criminels à l’origine de ce trafic », a déclaré Michael O’Connell, directeur de l’appui opérationnel de police d’Interpol.

Source : Interpol, Postmedia News (Canada)

Commentaire

Le Lionfish est une espèce envahissante du bassin des Caraïbes et la question posée est la suivante :

le trafic illicite de drogues est-il une espèce  envahissant les Caraïbes qui requérait une opération organisée par Interpol et  soutenue par le  gouvernement canadien ?

ou

s’agit-il bien de l’interdiction internationale d’une espèce envahissante,  alors que depuis la seconde moitié des années 1990 les organisations internationales de trafiquants de drogues ont dominé les Caraïbes en ne se voyant opposer qu’une faible réaction des pays consommateurs finaux et particulièrement des pays européens ?

L’information donnée au  public sur l’opération Lionfish est au mieux superficielle et met l’accent sur la valeur des produits interdits. Ceci ne représente qu’une petite partie des opérations des cartels mexicains qui dominent maintenant le bassin des Caraïbes.

Ce que ceux d’entre nous qui habitent dans le bassin des Caraïbes ont besoin de savoir, c’est en quoi cette opération Lionfish a changé la qualité de notre vie quotidienne. La réponse est très peu, si changement il y a eu.

Pourquoi ? Parce que les méthodes utilisées reposent sur un terrible manque de connaissance des protocoles opérationnels des cartels mexicains qui dominent maintenant les trafics dans le bassin des Caraïbes.

Le problème n’est pas limité au Honduras, au Guatemala et à Panama,  mais inclut absolument chacun des Etats du bassin. L’opération Lionfish est dès lors comme un petit garçon qui essaierait de vider la mer des Caraïbes avec une cuillère.

Daurius Figueira, Université West Indies, Trinidad

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Posted in Criminalités n°8 - juin, juillet, août 2013, Dépêches / n°8, Les dépêches - La chronique, Les dépêches hebdomadaires, Revue Criminalités and tagged , , , , .

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