Echecs et matchs contre "la drogue", version latine

La quatrième conférence latine sur les politiques de drogues s'est tenue les 5 et 6 décembre 2012 à Bogotá (Colombie).

Elle s'inscrivait dans un double contexte multilatéral d'autres conférences locales ou régionalisées sur la réduction des risques & dommages (harm reduction) en rapport avec les politiques des drogues ; et d'harmonisation, pour ne pas dire standardisation, des plaidoyers et stratégies de changements envisagées à l'échelle locale comme internationale.

Le diagnostic d'échec de la politique internationale majoritairement en vigueur est un constat partagé. Et au-delà, l'enjeu n'est plus d'inscrire les analyses dans une perspectives de droits de l'homme, de respect de la dignité de chacun pour pacifier une situation alarmante en Amérique Latine, comme ailleurs. Les analyses rigoureuses et les plaidoyers existent, les expériences alternatives également. Les politiques de développement sont plus efficaces que la militarisation et la criminalisation de populations d'autant plus fragiles et stigmatisées, notamment dans les pays fortement producteurs et de transit. En conséquence cette conférence a conclu que le temps était venu de passer à l'action.

La veille, s'est tenue le deuxième séminaire destiné aux journalistes sur le thème des politiques de drogues en Amérique Latine, organisé par l'Organisation panaméricaine de la Santé, le Réseau de Santé et la Fondation pour la liberté de la presse, soutenu par la fondation Open Society Institute. 24 journalistes étaient présents : onze Colombiens et treize venus d'autres pays de la région (Argentine, Brésil, Bolivie, Pérou, Chili, Uruguay, Mexique, Guatemala, Paraguay, Nicaragua, Honduras). Il a été dit combien le problème des drogues est une construction sociale de représentations. Le but du séminaire était de générer une groupe critique de journalistes formés et impliqués dans cette perspective liée au respect des droits humains, des politiques de réduction des risques, dans une optique de renforcer la démocratie en Amérique latine.

Tom Blickman du Transnational Institute a ainsi affirmé que par manque d'information dans de nombreux pays, les effets ballons générés par la politique des drogues ne sont pas appréhendés. D'autres évènements satellites ont eu lieu, le site internet dédié à ces évènements offre des informations supplémentaires.

Au même moment, et comme en résonance à tout cela, le président colombien et son homologue guatémaltèque Otto Perez Molina ont affirmé le 6 décembre 2012 leur rejet du modèle actuel dit de "guerre à la drogue" et à sa révision du fait de son échec. Ils l'ont affirmé dans une lettre co-signée avec d'autres dirigeants et personnalités internationales que l'on retrouve au sein de la Global Commision on Drug Policy.

Cet article fait partie du dossier Les mutations des trafics de drogues

 

 

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