Ecoute le silence

LA CHAPE DE L'IMMUNITE PRESIDENTIELLE

Des enregistrempents téléphoniques concernant d'éventuelles tractations entre 1992 et 1993, l'Etat italien et la mafia auraient mené des pourparlers pour tenter de mettre fin à la guerre ouverte, et notamment faire cesser une vague d'attentats, dont les assassinats des juges anti mafia Giovanni Falcone et Paolo Borsellino.

Le président réélu, Giorgio Napolitano, contestait la légalité des écoutes téléphoniques, son immunité constitutionnelle rendant illégale une éventuelle mise sur écoute des conversations du chef de l'Etat. La Cour constitutionnelle italienne lui a donné raison le 4 décembre dernier. Ces enregistrements ont été officiellement détruits lundi 22 avril.

Les procureurs de Palerme avaient mis sur écoute l'ancien ministre de l'Intérieur Nicola Mancino, et avaient enregistré des conversations téléphoniques récentes entre ce dernier et le président Napolitano.

En 2009, le ministre italien de la Justice, Angelino Alfano, avait promis de faire toute la lumière sur les conditions dans lesquelles l'Etat avait pu secrètement négocier avec la mafia . Cette déclaration faisait suite à la découverte d'une "liste de desiderata" en douze points émanant du Toto Riina, le "parrain des parrains", avant son arrestation (en 1993).

Cette liste énumérait les exigences de la mafia pour accepter de cesser de s'en prendre à l'Etat italien, notamment des réductions de peines de prison pour quelque 400 mafiosi jugé lors d'un procès de masse en 1987 et l'assouplissement de leur régime carcéral. Ces révélations avaient alors provoqué une certaine émotion chez les magistrats impliqués dans la lutte anti mafia et du côté des familles victimes des agissements des mafias.

Sources : AFP, Le Point.

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