Fukushima rime avec yakuza

Nucléaire et criminalité organisée japonaise ont fait bon ménage. Tour d'horizon des révélations de journalistes,Tomohiko Suzuki, embauché volontaire clandestin chez un sous traitant de Tepco et Jake Adelstein, journaliste américain spécialiste des yakuzas.

A la mi mai, la division de contrôle du crime organisé de la police japonaise a arrếté Makoto Owada, un membre haut placé d'un groupe yakuza, le Sumiyochi-kai. Ce groupe est soupçonné de fraudes à la législation du travail pour l'embauche d'équipe de nettoyage des sites irradiés au lendemain de la catastrophe de Fukushima, de mai à juillet 2011.

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Dans ses équipes de travailleurs figuraient des membres de base du groupe yakuza. La société Tepco est impliquée dans cet emploi de main d'oeuvre. Owada est soupçonné notamment d'avoir accaparé la prime de risque que TEPCO a du verser aux travailleurs du site radioactif de Fukushima. Une part de ces sommes aurait ensuite été rétrocédé aux Sumiyoshi-kai.

En janvier 2012, une autre enquête a mené à l'arrestation par la police de Fukuoka d'un autre responsable yakuza de la famille des Kudo-kai de Kyushu. Il lui est reproché une activité illégale via une société-écran, d'avoir passé des contrats irrégulier avec la société Kepco (Kansai Electric Power Company) opératrice de la centrale nucléaire de Ooi.
Depuis la catastrophe de Fukushima, plusieurs enquêtes ont mis à jour les liens entre divers groupes de yakusas et les chantiers d'intervention sur les sites nucléaires,

Ancien éditeur de magazines dédiés au phénomène yakuza, journaliste indépendant, Tomohiko Suzuki a d'abord publié un livre au Japon, " Yakuza to genpatsu " (Le pouvoir des yakuzas dans le nucléaire, éditions Bungei Shunju), établissant les liens entre les yakuzas et l'industrie nucléaire, au sein de ce qu'il nomme une " mafia nucléaire " assemblant le crime organisé japonais, " des politiciens et des technocrates corrompus, la très secrète industrie nucléaire elle-même et son cortège de lobbyistes ". Il met à mal l'image de marque de l'entreprise japonaise, qui avant d'être discréditée par sa gestion de la crise, entendait passer pour un modèle d'entreprise responsable et performante, avec une spécialité reconnue dans les fonctions de réparation et de décontamination à grande échelle. Entreprise qui disait fonctionner sur des valeurs d'entraide, de sentiment de devoir, d'abnégation, même si elle avait déjà fait l'objet de critiques publiques sur son fonctionnement, ses silences et son manque de transparence lors d'incidents nucléaires antérieurs...

Manœuvre de base incognito

Pour mener son enquête, Tomohiko Suzuki s'est fait embaucher par un sous-traitant de Toshiba, du 13 juillet au 22 août 2011. « Manœuvre de base », il a été assigné à des tâches liées au retraitement de l'eau contaminée au cœur même de la centrale de Fukushima Daiichi. Du journalisme embarqué, en somme, mais incognito. Au-delà de ses constatations sur place, il a ramené des images venant à l'appui de ses écrits, photos et vidéos captées grâce à un montre bracelet dissimulant une caméra.
Ne trouvant pas d'écho dans la presse japonaise mais aussi pour s'assurer un retentissement hors des frontières de l'île, Tomohiko Suzuki a donné le 15 décembre 2011 une conférence de presse au club de la presse étrangère de Tokyo
qu'on peut suivre en deux volets, formant un enregistrement total durant 1 h 42. Il s'exprime en japonais, avec interprète en anglais lors de la conférence, le tout sous titré à l'image en français.

Il aura fallu deux mois pour que la presse occidentale en rende compte.

Une embauche yakuza sur dix

Hormis le témoignage de l'intérieur sur le manque flagrant de sécurité, l’absence de vérification de la qualification des intérimaires, ou la guéguerre entre les constructeurs Toshiba et Hitachi dissimulant des données techniques majeures au lieu de les partager face à cette situation de crise, le journaliste avance que les yakuzas sont très présents dans le secteur nucléaire. Il estime que l'organisation est responsable d'un recrutement sur dix dans la centrale de Fukushima. Le phénomène n'est pas nouveau au sein de Tepco (Tokyo Electric Power Company).
En juin 2011,le journaliste américain Jake Adelstein écrit qu"'une société fournissant du personnel à Tepco est notoirement liée à la mafia japonaise. Questionné à ce sujet, Tepco a répondu : " Dans ce système de sous traitance, nous n'avons pas connaissance de qui est en dernier ressort le fournisseur de main d'œuvre. Dans nos contrats standard, nous n'avons pas prévu de clauses excluant le recours au crime organisé, mais nous allons y penser ". L'agence de sureté nucléaire [Genshiryoku Anzen Hoanin, dépendant du Ministère de l'économie, du commerce et de l'industrie] a demandé à la compagnie Tepco de lui "soumettre un rapport " à ce sujet ".

Jake Adelstein ajoutera dans un autre article fin décembre 2011 que "des ingénieurs qui ont travaillé pour Tepco ont témoigné que les pratiques d'embauches de membres des yakuzas dans les centrales nucléaires remontent aux années 1990. Des sources policières affirment que la fourniture de main d'œuvre par les yakuzas existe depuis des dizaines d'années " La centrale de Fukushima est située au sein le territoire de Sumiyoshi-kai, deuxième plus grand groupe yakuza au Japon, qui regrouperait quelque 12 000 membres, selon Jake Adelstein.

Une différence de logos

En janvier 2003, il a été rapporté que Tepco a payé pendant plus de vingt ans le Sumiyoshi-kai [second groupe de Yakuzas de par son importante numérique, aussi dénommé Sumiyoshi-rengo], et ce notamment sous couvert d'achats de thé vert... Tepco a aussi été suspecté d'avoir versé dans les années 1990 l'équivalent de plusieurs milliers de dollars à Takeuchi Yoichi, un ancien membre associé du clan Yamaguchi-gumi, pour le convaincre d'arrêter d'écrire sur les problèmes de sécurité du réacteur nucléaire de Fukushima. Un livre récemment paru au Japon d'Isao Mori (dont le titre se traduirait comme " Argent sale ") évoque une société sous-traitante de Tepco, Mizutani construction, choisie par la firme nucléaire pour traiter les déchets, et qui, selon l'auteur, a acquitté à la société de Takeuchi Yoichi, des honoraires de consultant d'un montant équivalent à environ 1,5 millions de dollars.

Toujours selon Jake Adelstein, la même société Mizutani construction aurait réglé un million de dollars de dessous de table à une figure éminente de la politique japonaise, Ichiro Ozawa, surnommé " le Shogun de l'ombre " et ex numéro 1 (de septembre 2009 à juin 2010) du Parti démocrate du Japon. Ichiro Ozawa a par ailleurs été jugé depuis octobre 2011, pour financement illégal et fraude fiscale. Son procès est prévu jusqu'en mars et le jugement attendu en avril 2012. " Les dirigeants de Mizutani construction ont admis devant le tribunal que cette pratique des pots-de-vins était courante pour payer des groupe yakuzas et corrompre des politiciens, afin d'obtenir des marchés de BTP, notamment dans le secteur de l'industrie nucléaire ".
La police soupçonne aussi une société écran liée au clan Matsuba-kai, essentiellement basé à Tokyo, de contrôler un dépôt de déchets de la centrale de Tepco, en notant que des dirigeants de Tepco allaient faire des parcours de golf avec des membres du Matsuba-kai. L'implication principale des yakuzas consiste à fournir du personnel pour la pose de canalisations et pour les chantiers de nettoyage les plus exposés aux radiations.
Interrogé sur ce qui diffère entre les yakuzas et Tepco, un sénateur japonais a même fait cette sortie : " La principale différence, c'est qu'ils ont des logos différents (...) Ce sont tous deux des organisations criminelles qui placent les profits au-dessus de la sécurité et du bien-être de la population où ils opèrent. Les deux exploitent des travailleurs. D'un autre côté, les yakuzas peuvent avoir plus de souci sur ce qui se passe quand ils interviennent, car beaucoup d'entre eux vivent là. Pour Tepco, Fukushima est juste l'équivalent d'un parking ".

Endettés contraints au job nucléaire
Outre le racket au plus haut niveau des grandes entreprises japonaises, activité classique des yakuzas, l'organisation criminelle joue aussi, au bas de l'échelle, le rôle de banquier personnel, en tous cas de prêteur, mais à des taux d'usurier. Les familles qui n'ont pas les revenus suffisants pour contracter un prêt légal auprès d'une banque ont recours aux " services " des yakuzas.
Tomohiko Suzuki témoigne avoir été embauché au milieu d'autres travailleurs inexpérimentés, sans domicile fixe, chômeurs de longue durée, débiteurs de yakuzas et handicapés mentaux mais aussi anciens yakuzas. Tous ces ouvriers temporaires recevant de moins bons équipements de protection que les salariés permanents.

Tomohiko Suzuki met l'accent sur le fait que les embauches dans le secteur nucléaire seraient souvent en lien direct avec les dettes contractées auprès des groupes yakuzas, qui font embaucher leurs débiteurs comme ouvriers dans les centrales nucléaires, dans le but de leur permettre de rembourser les prêts usuriers qu'ils leur ont consentis. Il paraît très difficile et pour le moins risqué pour les familles en difficultés financières de résister aux pressions et de refuser de régler sa dette en acceptant ce travail forcé, même s'il est déprécié, connu comme dangereux chez les sous traitants du nucléaire. " C'est comme la roulette russe. Si vous devez pas mal d'argent à un yakuza, travailler dans une centrale nucléaire est le pari le plus sûr. Qui ne préfèrerait pas prendre le risque de mourir dix ans plus tard que d'être poignardé à mort toute de suite ? ", explique Suzuki. Ceux qui ont du accepter de faire ce sale boulot savaient qu'un refus risquait de le exposer à une mort rapide, alors que l'exposition quasi inéluctable aux radiations nucléaires repoussait la date probable de leur mort à une dizaine d'années ou plus.
L'état de dépendance permettant de se soumettre à ce que d'autres se refuseraient à faire. Une méhode qui n'est pas sans rappeler le système de dette-piège imposée aux prostituées et les gardant sous la coupe des proxénètes et réseaux de prostitution. On prête à un yakuza ce commentaire cynique : '' Quand un homme doit faire quelque chose pour survivre, c'est l'industrie nucléaire. Pour une femme, c'est l'industrie du sexe. ''
La servitude pour dettes est une forme d'emprise et d'eploitation répandue dans les pays pauvres, allant jusqu'à rendre flou, mal défini, pas vraiment limité dans sa durée, la période du travail qui doit être rendu, ce qui fait que la dette n'est jamais remboursée.

Déni officiel de la compagnie Tepco

Le phénomène de l'implication des yakuzas dans cette industrie nucléaire japonaise est notoire. Au point qu'après l'accident de Fukushima, des entreprises ont fait des propositions d'emploi dans la zone sinistrée, par le biais de feuilles volantes distribuées les boîtes aux lettres, allant jusqu'à spécifier en toutes lettres : " Travail sécurisé (équipement de protection fourni). Sans domicile fixe et membres de la mafia refusés ".
" La controverse est devenue si importante après l'accident, que Tepco s'est engagé le 19 juillet 2011 à tenter d'empêcher les yakuzas de participer à la reconstruction de la centrale et aux projets connexes. Tepco a travaillé dans ce but avec l'Agence de la police nationale japonaise (APNJ) mais des sources internes disent que l'agence a des doutes quant à un quelconque résultat ", écrit Jake Adelstein. Ce journaliste qui a passé l'essentiel de sa carrière au Japon, aura été le premier ressortissant américain a avoir été embauché comme reporter écrivant en japonais par un organe de presse nippon, le Yomiuri Shinbun, l'un des cinq grands quotidiens japonais. Publié dernièrement par The Atlantic Wire, Jake Adelstein a pas mal écrit sur le sujet des yakuzas dans le secteur nucléaire. Il est aussi administrateur d'une association américaine, Polaris Project Japan, qui lutte contre les trafics d'être humains et l'exploitation des femmes et des enfants par l'industrie du sexe.
Jake Adelstein cite un officier de la police qui sous couvert d'anonymat concède que " Tepco a une longue histoire de collaboration avec les yakuzas, bien plus profonde que la seule fourniture de main d'œuvre. Selon les nouvelles lois en vigueur depuis octobre 2011, fournir des financementss à des forces anti sociales est uncrime. Le TMPD (Tokyo Metro Police Department) doit lancer une mise en garde en ce sens à Tepco. Après cet avertissement, il peut y avoir des arrestations..."
Le "crime protecteur"

" Il peut paraître surprenant aux Occidentaux de lire que des gangsters sont impliqués dans l'industrie nucléaire du Japon et même qu'il puissent risquer leurs vies dans une crise nucléaire. Mais les Yakuzas ont des racines profondes dans la société nippone, note Jake Adelstein.

En fait, ils ont été les premiers à répondre après le tremblement de terre, fournissant de la nourriture et des secours dans la zone dévastée en patrouillant les rues pour éviter les pillages."
Selon Suzuki, parmi les hommes qui sont restés dans la centrale après la catastrophe, dans les jours de plus forte exposition aux radiations, trois des " 50 de Fukushima " (selon l'appellation utilisée pour les désigner comme des " héros "), était des hommes de main ou des cadres yakuzas. Sans spécifier à quel groupe ils appartenaient.
On retrouve là la face "humanitaire", la charité bien ordonnée de la criminalité organisée, acheminant en urgence des couvertures, des pâtes, des piles et d'autres biens de première necessité. Déjà, après le tremblement de terre de Kobé en janvier 1995, les yakuzas avaient largement précédé les secours du gouvernement, en fournissant de l'aide d'urgence, alimentaire et sanitaire, mobilisant même un hélicoptère pour transporter la logistique médicales.

Revoilà une des facettes récurrentes de l'imprégnation et de l'acceptation des organisations criminelles dans le monde entier, le " crime protecteur ", capable d'avoir une dimension d'aide sociale, quasiment d'intérêt général, se substituant à la puissance publique.
Le rôle social et l'image des yakuzas auprès de la population est, comme par exemple pour les mafias italiennes, un élément important de leur réussite, de l'alchimie entre peur, imprégnation et acceptation par l'environnement social.
Certains observateurs considèrent que les Yakuzas assument partiellement une rôle de police non officielle, se chargeant de " protection " et contribuant ainsi à réguler, à limiter la délinquance urbaine. Le lien avec les forces de l'ordre existe depuis le début du XIXe quand les pionniers des yakuzas modernes ont obtenu l'autorisation de porter des armes, en échange de certaines fonctions de maintien de l'ordre, quand la police officielle était défaillante, par exemple en manque d'effectif.

Informations assemblées par Nicolas de La Casinière

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Yakuza : la criminalité à découvert

Particularité sans doute unique au monde, au Japon, le crime organisé n'est pas véritablement occulte. Les yakuzas ne dissimulent pas leur bureaux au-dessus desquels ils arborent bien visiblement le nom du clan et son emblème. Légalement, ce sont des associations (dantai) le plus souvent vouées à « la poursuite de la voie chevaleresque » (Ninkyôdô). Mais chacun sait que c'est le siège local de l'organisation.

Le gouvernement japonais reconnaît tacitement l'existence des yakuzas, qui ne forment donc pas une société secrète. Connus, parfaitement identifiés, les yakuzas explorent et exploitent tous les registres traditionnels des criminalités organisées, prostitution, drogue, extorsion de fonds, fraude, chantage... Mais ils interviennent aussi dans l'économie légale, le bâtiment et les travaux publics, l'immobilier et les services, yant étendu leur activités jusqu'aux manipulations du marché financier. Pour ce faire, ils disposent d'un labyrinthe de compagnies ayant pignon sur rue, y compris des agences de main d'œuvre mais aussi de détectives privés. Ils font aussi ce que les autres ne font pas ou trouvent des employés pour des taches que les autres travailleurs ne veulent pas faire, comme pour les basses taches d'urgence après la catastrophe nucléaire.

L'actionnaire protecteur
Le mélange de racket et de protection a un nom particulier au Japon : sōkaiya. Il s'agit de vendre du service aux petites entreprises contre rétribution : les yakuzas peuvent ainsi se voir confier la mission d'étouffer dans l'œuf toute contestation dans les assemblées générales d'actionnaires. La méthode consiste à intervenir comme minorité agissante, en devenant détenteur de quelques actions, donnant l'accès aux assemblées générales et permettant de siéger au conseil des actionnaires de la société. La simple présence des yakuzas peut suffire à garantir le wa, "l’harmonie" de l’assemblée, en anesthésiant toute velléité d'intervention de la part des actionnaires ordinaires. Ce service garantit aux dirigeants de l'entreprise la maîtrise totale de leur stratégie. Les yakuzas veillent aussi à éviter tout scandale public, détournant contre ce service une part des bénéfice de l'entreprise pour eux-mêmes. Malgré un long ancrage traditionnel, les activités des yakuzas ne sont pas figées et s'adaptent aux potentiatlité criminelles contemporaines, ce qui en font un secteur en mutation.

Yakuza, semi ou rien
Le Japon a tendance a considérer trois catégories de citoyens : les yakuzas, les semi-yakuzas, et le reste de la population.
Sont définis comme yakuzas celles ou ceux qui ont participé à la cérémonie rituelle d’admission, où le chef de clan, l’Oyabun, échange une coupe de saké, le sakazuki, avec la nouvelle recrue. A partir de ce geste, le nouvel initié est considéré comme appartenant à une des familles, toutes étant structurées sur un mode pyramidal.
De bas en haut du système, chacun, qu'il soit cadre, comptable, lieutenant, membre, grand frère, petit frère ou apprenti, paie à son supérieur une cotisation (jonokin).
Les semi-yakuzas ont seulement recours épisodiquement aux services des yakuzas afin d'obtenir protection ou de régler leurs problèmes personnels. Avant 2012, seuls les yakuzas pouvaient être arrêtés.
Mais la loi japonaise vient d'être modifiée.

Désormais, les semi-yakuzas, aussi, peuvent être l'objet de poursuites judiciaires. Les dispositions légales prévoient aussi d'avertir une entreprise qui a fait affaire avec les yakuzas, et leur nom rendus publics s'ils refusent de couper court à leur collaborations. L'esprit de la loi est d'utiliser la menace d'opprobre publique et de dépréciation de l'image de marque pour inciter fortement les dirigeants d'entreprise à tourner le dos au crime organisé, explique l'article du Guardian, qui avait déjà expliqué en 2007, que les yakuzas avaient ciblé le marché financier et l'industrie du BTP pour maintenir et développer leurs activités, en opérant à partir de sociétés à l'apparence respectable, ayant pignon sur rue.

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Posted in Criminalités n°3 - juin / octobre 2012, Informations / n°3, Les informations - mensuelles -, Revue Criminalités and tagged , , .

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