Impastato, la mémoire vive, 35 ans après

UN NOM POUR LE NON

Ce militant anti mafia assassiné dans la nuit du 8 au 9 mai 1978 :  

un symbole.

Son corps a été retrouvé le matin le long de la voie ferrée de la ligne Palerme-Trapani, près de Cinisi en périphérie de Palerme. Il a fallu 24 ans pour que le 11 avril 2002, la justice italienne, après bien des tergiversations et classements sans suite, reconnaisse que le meurtre était bien le fait de la Mafia.

La mort de Giuseppe, dit Peppino, est toujours dans les mémoires. Les militants anti mafia en ont fait un emblème de la résistance.

Musée centre de recherche. Au printemps 2005 est née l'association « Casa Memoria Felicia e Peppino Impastato » à Cinisi. C'est désormais un musée, un centre d'étude et de documentation sur la mafia. Selon Claudio La Camera, directeur de l'Observatoire de la 'Ndrangheta, « la Casa Memoria représente une nouvelle valeur grâce à la reconnaissance obtenue comme bien culturel, témoignage de l'histoire collective et symbole de la lutte contre la mafia ».

Casa Memoria est comme un « autel laïc »,

comme le définit Umberto Santino, président du Centre Impastato, un des fondateurs de l'OGC,

« un lieu de mémoire et de divulgation de la vérité et de la culture, un avant-poste de la résistance contre le pouvoir et contre la mafia, le témoignage concret d'une expérience de lutte sans remords, d'une vie entière passée avec courage et détermination ».

Maison symbole. Lancée par l'« Associazione Cento passi », une pétition est en cours de signature pour demander au président de la région Sicile, Rosario Crocetta, de réquisitionner la maison de Cinisi dans laquelle a été assassiné Peppino Impastato et d'en faire une lieu symbolique pour la collectivité.

Cette maison, aujourd'hui en état de délabrement avancé, est un lieu de mémoire collective pour « tous ceux qui ont refusé de baisser la tête devant la mafia », de résistance à l'emprise de la Piovra.

Centre de documentation. Association culturelle née en mai 1980, le centre de documentation Giuseppe Impastato est lui situé à Palerme, autofinancé pour éviter les travers clientélistes de la distribution des deniers publics. Il soutient et organise des initiatives culturelles (conférences, séminaires, débats, expositions etc.) ; publie des livres, des brochures et des documents. Le centre mène des actions d'éducation dans les écoles et les universités, en Italie et à l'étranger et lance des mobilisation (à commencer par la manifestation nationale contre la mafia de mai 1979, première de l'histoire italienne).

Avec le projet de recherche « Mafia et société », le centre a entrepris une analyse scientifique du phénomène mafieux, menant des études sur l'homicide à Palerme, les entreprises mafieuses, le trafic international des drogues, le rapport mafia-politique et le mouvement anti-mafia. Le Centre s'est également employé dans le mouvement pour la paix, contre la globalisation néo libre-échangiste et pour une globalisation de la participation démocratique et des droits de l'homme.

Documentaire. En 2000, un film I cento passi (Les cent pas) a raconté la vie et la mort de Peppino Impastato. Cent pas, c'est justement la distance qui séparait sa maison de Peppino de celle du parrain Gaetano Badalamenti qui a commandité le crime (il sera condamné à perpétuité en 2002). Le film a obtenu un Lion d'or au festival de Venise en 2000.

Sources : rassegna.it, pepinnoimpastato.com, centroimpastato.it

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