Information politique générale

UN DÉBAT POLITIQUE ESSENTIEL

 

CHCP-150x150L'OGC et la revue engagent aujourd'hui une action pour faire reconnaître à celle-ci le caractère de "presse d’information politique et générale" défini par l’article D 19-2 du Code des postes et télécommunications électroniques de la façon suivante :

« Pour être considérées comme présentant le caractère d'information politique et générale, les publications doivent réunir les caractéristiques suivantes :

1° Apporter de façon permanente sur l'actualité politique et générale, locale, nationale ou internationale, des informations et des commentaires tendant à éclairer le jugement des citoyens ;

2° Consacrer la majorité de leur surface rédactionnelle à cet objet ;

3° Présenter un intérêt dépassant d'une façon manifeste les préoccupations d'une catégorie de lecteurs »

Ce caractère  aiderait  l'OGC et la revue à être considérés comme des activités "d’intérêt général" au sens du droit fiscal français, qui leur permettrait de recevoir des dons ouvrant droit à des réductions d'impôt, que ce soit des particuliers ou des entreprises sous forme de mécénat. Ceci faciliterait notre financement, un problème aujourd'hui crucial.

Les discussions sont en cours avec l'Administration fiscale qui donnera sa réponse dans les semaines qui viennent.

Elles sont aussi en cours avec la CPPAP - la Commission Paritaire de la Presse et des Agences de Presse - parce que celle-ci a renouvelé à la revue son agrément comme "entreprise de presse" qui donne la possibilité de recevoir les diverses aides publiques à la presse, mais lui a refusé cette qualification de "presse d’information politique et générale"  qu'elle a aussi le pouvoir d'attribuer.

Elle l'a fait principalement au motif que nous n'abordons la "politique générale" que d'une façon "marginale". C'est là que ce débat, apparemment de nature purement administrative avec des conséquences uniquement financières, prends une toute autre dimension, essentielle pour l'OGC et sa revue.

L'OGC a en effet de la géopolitique des criminalités qu'il observe, une conception large et extensive. Elle englobe  toutes leurs dimensions économiques, sociales, politiques et culturelles, parce que nous considérons, comme cela est développé dans l'article « Pour une approche géopolitique critique des criminalités », que les criminalités transnationales constituent non pas seulement des formes nouvelles de délinquance, mais bien

"des acteurs politiques d’un type nouveau, agissant  en réseaux avec leur propre  grille de lecture et leur propre appréhension  du temps et de l'espace, ayant une influence grandissante sur les conditions de vie de tous".

Ces acteurs nouveaux, radicalement anti-démocratiques, font peser sur les sociétés qui  veulent la liberté et la prospérité pour tous, un des dangers les plus graves qu'elles aient connus depuis le nazisme et le stalinisme. Ils s'attaquent maintenant aux soubassements mêmes de ces sociétés pour les piller au risque de les détruire.

Notre approche va donc très au-delà des études réservées aux seuls juristes, aux seuls organismes engagés dans la lutte anti-mafia, qu'ils soient des acteurs publics ou des associations, ou  aux seuls universitaires spécialisés en criminologie.

Elle concerne tous les citoyens. Elle se heurtera à de nombreux corporatismes qui aimeraient avoir l'exclusivité du prestige attaché aux luttes anti-mafia.

Fondamentalement elle conduit à considérer que les politiques publiques visant à combattre les criminalités transnationales, ne relèvent plus des seules politiques pénales, mais des actions publiques dans à peu près tous les domaines, et donc des politiques générales menées par tous les pouvoirs publics, internationaux, nationaux et locaux.

Il ne suffit plus, pour venir à bout de ces nouvelles forces politiques, de donner davantage de moyens, matériels et juridiques, aux services de police et aux juridictions pénales, et de mieux tous les coordonner. Ce sont toutes les politiques publiques, internationales, économiques, financières, sociales, dans le logement, l'urbanisme, l'éducation, la culture, le sport etc .. qui devraient être mobilisées sur le long terme,  et donc conçues et mises en oeuvre aux plus hauts niveaux

Cette conception me paraît un élément essentiel de notre activité et notre raison d'être. En tout cas c'est ma conviction personnelle et je propose que la revue mène ce débat avec toute la force possible, y compris devant les juges puisqu'il existe un critère juridique pour le faire avancer.

Charles-Henri de Choiseul Praslin

Posted in Criminalités n°7 - mai 2013, Edito / n°7, Éditos, Revue Criminalités and tagged , .

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