La traite dans le noir

 

Isabelle Denise revient dans un article paru dans la Lettre d'Information de la Ligue des Droits de l'Homme, sur  l’application de de la loi du  pour la sécurité intérieure du 18 mars 2003 dont le chapitre VIII s’intitule « Dispositions relatives à la lutte contre la traite des êtres humains et le proxénétisme », suivi d’un chapitre X devenu célèbre par son article 50 qui fait du racolage un délit.

18 mars 2003 - 18 mars 2013 : 10 ans ce sont écoulés depuis. Mais cela a-t-il réellement répondu à la problématique ?

Pour l'auteur, "le phénomène de la traite des êtres humains est  considéré par les autorités françaises davantage comme une forme d’immigration clandestine que comme une atteinte grave aux droits de l’Homme. L’écart important entre le droit et la pratique perdurera tant qu’il n’y aura pas une coordination multidisciplinaire en la matière et une connaissance du phénomène. Et la France reste dans le domaine de l'incantation."

 

Eclairage

Cet article met en lumière les deux problèmes essentiels que rencontre une lutte efficace contre une grande criminalité, la traite des êtres humains, mais qui en concernent beaucoup d'autres.

D'abord la problématique classique selon laquelle se feraient face d'une manière frontale d'un côté l'Etat de droit et la société des honnêtes gens,  et de l'autre des groupes de délinquants dont les premiers sont les victimes, d'où se déduit la nécessité de réprimer tous les seconds mais de manière humaine et mesurée.

Il est clair que ce clivage est dépassé une première fois par celui qui sépare maintenant, parmi les délinquants  définis  sur le seul plan de la légalité formelle,  les plus puissants des plus faibles qui sont d'abord les victimes des premiers. Il l'est une deuxième fois par l'inefficacité des Etats face  à ces puissants criminels qui en fait de quasi-complices dans l'exploitation des plus faibles.

Ensuite cette inefficacité des Etats n'est pas seulement due au manque de volonté politique, selon une formule elle-même assez incantatoire. L'auteur souligne  qu'elle est avant tout la conséquence d'une ignorance fondamentale de ces phénomènes criminels dont seules des études et actions multidisciplinaires pourront venir à bout.

Charles-Henri de Choiseul Praslin

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