L'imbroglio des militaires italiens accusés de meurtres

L'Inde considère que les gardes armés à bord du navire marchand relèvent des loi anti terroristes. L'Italie veut un arbitrage international pour sauver de la prison ses militaires qui ont tué deux marins pêcheurs pris pour des pirates.

Deux après, le procès n'a toujours pas débuté. Les faits se sont déroulés en février 2012 au large de l’État du Kerala, dans le sud de l'Inde. Détenus depuis deux ans sur des charges de meurtre deux simples pêcheurs indiens pris pour des pirates, deux fusiliers marins italiens Salvatore Girone et Massimiliano Latorre ne sont pas formellement inculpés.
L'imbroglio diplomatique entre l'Inde et l'Italie se double de complications judiciaires, avec la volonté indienne de retenir la loi antiterrorisme contre les militaires italiens, membres d'une équipe de protection embarquée sur le pétrolier Enrica Lexie.
Pour les autorités indiennes, les gardes armés embarqués ont tiré sans raison dans les eaux sous souveraineté indienne. L'Italie récuse la juridiction indienne dans cette affaire, réclame que les militaires lui soient rendus.
Le 7 février 2014, la justice indienne a fait savoir que les deux militaires seraient bien jugés en vertu de la législation antiterroriste et anti-piraterie, tout en excluant que la peine de mort prévue par ce texte soit requise contre eux. Des médias indiens dénoncent le régime de faveur octroyé à ces deux militaires, simplement retenus et non pas incarcérés dans des villas au sein de l'ambassade italienne, dans l'enclave diplomatique de New Delhi, avec accès internet, usage de téléphones, visites au café du voisinage et au centre culturel italien, utilisation d'une salle de gym, et autres facilités interdites aux auteurs présumés de meurtres sur le sol Indien.

Le recours à cette législation antiterroriste de sécurité maritime est la source d'un nouveau litige : pour les Italiens, la National Investigation Agency (NIA), l’agence antiterrorisme indienne, ne peut pas instruire le dossier puisqu’ils ne sont plus accusés de terrorisme. « Les deux marins ne sont pas des terroristes et l’Italie n’est pas non plus un Etat terroriste » se défendent les autorités italiennes. Le ministère italien de la Justice a annoncé qu'il utiliserait toutes les voies juridiques, et ce « avec la plus grande fermeté », pour contrer l'usage de cette législation indienne. L'Italie demande à ce sujet un arbitrage international, par exemple d'organisme comme les nations Unies, considérant que les discussion bilatérales sont dans une impasse.

Sources : Authint Mail (Srinagar, Cachemire) ; Indian Express (New Delhi) ; Reuters ; Journal de la Marine Marchande (Paris).

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