Londres lance des banquiers bénévoles contre les criminalités

Nouvelle structure au Royaume Uni contre les formes modernes de criminalités. Plus visible mais aussi critiquée que la précédente.

La NCA est née. National crime agency. Elle entend adopter le style du FBI. Date de naissance : 7 octobre 2013. Effectif prévu : plus de 4000 officiers. Cibles  : criminalités organisés, économiques, cybercriminalités, police aux frontières et abus sexuels sur les enfants. Innovation, l'aide bénévole des citoyens est sollicités notamment dans le secteur bancaire. « Les banques sont au courant de fraudes, et pour nombre de raisons peuvent signaler ou ne pas signaler ces violations des lois », a expliqué Keith Bristow directeur général de la nouvelle NCA qui a fait appel au volontariat de gens détenant une expertise bancaire et financière, en nouvelles technologies.

Même si Keith Bristow dit vouloir la nouvelle agence « plus ouverte, transparente et responsable », le recours à ces professionnels bénévoles et issus de l'entreprise pose un problème démocratique et de transparence: l’agence publique ne sera plus automatiquement tenue de répondre aux demandes d’information citoyennes quand seront impliqués de tels bénévoles, relevant du secteur privé. Les entreprises privées ne sont pas soumises à la loi qui permet à n’importe quel citoyen britannique de demander des comptes et des informations quant au fonctionnement d'un service public, police y compris.

Ministre de l'Intérieur, Theresa a déclaré à l'occasion que « le crime organisé est en pleine mutation, il se diversifie, devient internationale et investit plus le web. Nous devons donc lui opposer une réponse appropriée ». La ligne de conduite se calque sur le principe des 4P en vigueur contre le terrorisme : poursuites, prévention, préparation et protection.

La NCA est l'héritière de la National Crime Squad (NCS) créée en 1998, remplacée en 2006 par la Serious Organised Crime Agency (SOCA) qui devait « transformer en enfer » la vie des criminels, selon la feuille de route du Premier ministre de l'époque, Tony Blair. La NCA entend faire publier les errances de  la SOCA, Serious Organised Crime Agency, ternie par différents scandales et incapable de faire collaborer les différents départements officiels investis de taches de lutte contre les criminalités organisées. La Soca est absorbées par la nouvelle structure. A la différence de la Serious Organised Crime Agency, les agents de le National crime agency seront identifiable, revetant des uniformes spécifiques : « Nous serons  visibles. Nous voulons que le public sache qui nous sommes, ce que nous faisons, pour faire comprendre la menace du crime organisé qui affectes chaque quartier et chaque citoyen au Royaume Uni. Nous voulons que les criminels sachent qui on est, pour que nous voulons qu'ils aient peur de nous » a déclaré Keith Bristow.

Le manque de moyens de la nouvelle structure a été critiqué par l'opposition travailliste, dénonçant les restrictions budgétaires et mesures d’austérité décidées par le gouvernement de David Cameron et qui ont affecté notamment la police. Le « recrutement » de volontaires bénévoles, banquiers, analystes financiers, informaticiens, serait une parade trouvée pour compenser ses baisses de budget.

Pour sa mise en service, la NCA a livré une estimation: selon ses chiffres, il y aurait quelque 37 000 individus suspects ou actifs disséminés au sein de 5500 groupes criminels, investis en Grande Bretagne, dont 22 % seraient des étrangers au pays.

Sources : Reuters; Myeurop.info, The Standard, Agence France Presse.

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