Médicaments contrefaits, une maladie de la mondialisation

Deux jours de conférence ont planché à Vienne, à la mi février, sur les tenants et aboutissants de ce trafic mondial de médicaments

Attention, médicaments. Le trafic de médicament frauduleux inquiète l'ONUDC, l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime. Si ces médicaments ne relevaient que de la contrefaçon, le préjudice ne concernerait que les frimes pharmaceutiques qui se verraient lésées par ces imitations spoliant leurs brevets. Mais ces médicaments contrefaits sont aussi dangereux, « nocifs pour la santé et parfois mortels », le continent africain étant particulièrement touché. La moitié et jusqu'à 60% des médicaments contre les infections dans certaines régions d'Asie ou d'Afrique contiennent des agents actifs en dehors des limites acceptées, ce qui peut entraîner des réactions en chaîne et des résistances microbiennes , chaque patient sous-traité devenant un vecteur à travers lequel des « supermicrobes »peuvent se développer, représentant une menace de prolifération globale, véritable enjeu de santé publique.

Selon des données de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de la moitié des médicaments commandés à des cyberpharmacies illégales sont contrefaits.

Ce commerce illicite s'affirme « comme un secteur de plus en plus lucratif pour les réseaux du crime organisé » .Interpol a évalué son chiffre d’affaires annuel à 75 milliards de dollars, montant comparable à celui retiré de la traite des êtres humains. «  C’est un trafic particulièrement attractif pour les criminels, car le médicament falsifié ne coûte pas cher à produire, à la différence des stupéfiants et le risque encouru est faible; les peines applicables sont peu élevées, et les poursuites rares. Le trafic de faux médicaments n’est pas encore suffisamment considéré comme une priorité dans certains pays » a déclaré Michèle Ramis, ambassadrice française chargée de la lutte contre la criminalité organisée. Ces trafics minent la crédibilité du système de soins lorsqu’ils parviennent à pénétrer les pharmacies et les hôpitaux publics. Accessibles facilement sur Internet, ils constituent l’une des plus graves maladies de la mondialisation. »

Menace pour la santé, ces médicaments douteux posent un défi en matière de développement. L'UNODC ajoute que « dans certaines régions d'Asie, d'Afrique et d'Amérique Latine, les médicaments frauduleux constitueraient 30 % du marché du médicament ». Mi février, pendant deux jours, une conférence d'experts s'est réunie à Vienne, Autriche, assemblant organisations internationales, ONG, États membres de l'Union européenne, représentants de l'industrie pharmaceutique, associations professionnelles, et responsables de la réglementation et de l'application de la loi.

Parmi les mesures de lutte contre la logistique de ces trafics, le Programme de contrôle des conteneurs, mis en place en 2006 pour repérer les transfert conteneurisés de drogues, a étendu son champ d'application à toutes marchandises illicites, médicaments falsifiés y compris.

Lire toutes les dépêches

 

 

Posted in Criminalités n°5 - mars 2013, Dépêches / n°5, Les dépêches - La chronique, Les dépêches hebdomadaires, Revue Criminalités and tagged , , .

Laisser un commentaire