Mexique : La presse s'autocensure

Menacé, un quotidien du Nord du Mexique se résigne à l'autocensure sur l'actualité des narcotrafiquants.

L'actualité liée aux meurtres perpétrés par les cartels et narcotrafiquants, c'est terminé. Pour maintenir la sécurité de son personnel d'un millier de salariés, et suite à des menaces de mort, le quotidien mexicain El Zócalo a annoncé qu'il renonçait à divulguer toute information lié aux criminalités organisées dans les villes de Saltillo, Piedras Negras, Acuña, et Monclova, sa zone complète de publication et de diffusion. « Comme il n'existe ni garanties ni sécurité pour le plein exercice du journaliste, le conseil éditorial a décidé, à partir de cette date, de s'abstenir de publier toute information liée au crime organisé » a énoncé l'éditorial du 11 mars 2013.

Le quotidien est publié à Saltillo, la capitale de l'État de Coahuila. À un peu plus de 200 km au sud ouest de la frontière avec les États-Unis, et du Rio Grande.

Quelques 45 menaces de morts ont été émises de divers points de l’État de Coahuila, ciblant nommément la famille propriétaire du journal. En janvier 2010, le journaliste Valentín Valdés, spécialiste des faits divers au Zócalo avait été assassiné.

A Coahuila, les bureaux du quotidien El Siglo de Torreón ont subi une attaque à la Kalachnikov le 27 février dernier, faisant un mort, un homme qui passait dans la rue. On a relevé 30 impacts de balles d'AK47 sur la façade. « Les intimidations contre les médias sont des attaques contre toute le population à qui nous servons notre information. C'est la principale menace, à laquelle El Siglo de Torreón n'est pas le seul à être confronté, mais bien des dizaines de médias dans tout le pays », a indiqué El Zócalo. Le 6 mars, la façade d'El Diario de Juárez, a reçu les impacts de sept balles de calibre 45 tirées depuis une camionnette, alors que Canal 44 a été la cible de dix tirs le même jour.

En 2012, la Commission nationale des droits humains (Comisión Nacional de Derechos Humanos, CNDH) a enregistré 184 cas d'attaques contre des salariés de la presse au Mexique. Reporter sans frontières a souligné que six journalistes ont été assassinés en 2012 au Mexique, plaçant le pays à la quatrième place des pays les plus dangereux pour la presse, derrière la Syrie, la Somalie et le Pakistan. « La violence - devenue exponentielle pendant six ans avec l’offensive fédérale contre les cartels - s’abat sur les journalistes osant s’emparer des thèmes du narcotrafic, de la corruption, des infiltrations mafieuses au sein des autorités locales ou fédérales, et des violations des droits de l’homme attribuées à ces mêmes pouvoirs » explique RSF dans son rapport annuel 2012.

Posted in Criminalités n°5 - mars 2013, Dépêches / n°5, Les dépêches - La chronique, Les dépêches hebdomadaires, Revue Criminalités and tagged , .

Laisser un commentaire