Mexique : militaires contre narcos et policiers

Le nouveau Président mexicain a promis une force de gendarmerie de 40 000 hommes pour lutter contre les cartels et la corruptions dans les polices locales.

Soupçonnés d'avoir transmis des informations aux cartels et aux organisations de narco trafiquants dans les trois dernières années, 158 officiers de police locale ont été arrêtés le 18 janvier 2013 dans l'état de Durango, au nord du Mexique, y compris des gradés comme les chefs de la police des villes de Gomez Palacio (350 000 habitants) et de Lerdo (150 000 habitants). Les liens avec les trafiquants peuvent avoir été d'échanges d'information jusqu'à des protections, notamment avec le cartel de Sinaloa, qui opère dans les Etats de Durango, Sonora, Bala California et Chihuahua.

Les armes des policiers suspects ont été saisies pour vérifier si elles n'ont pas servi à commettre des crimes dans l'Etat de Durango. Les arrestations ont été menées par le police fédérale et l'armée.

Dans une politique délibérée de lutte contre la corruption au sein des forces de police, la président de la République Enrique Peña Nieto a annoncé lors de sa campagne électorale la création d'une nouvelles force d'investigation et d'intervention, inspirée du modèle des services de gendarmeries en vigueurs dans les pays européens, tout en retenant les leçons de la solution brésilienne dans les favelas les plus gangrénées par la violence. Une fois qu'il a été élu et qu'il est en poste depuis décembre 2012, le sujet est toujours d'actualité. Ce serait une force à statut militaire mais à commandement civil, estimée à 40 000 membres, soit un effectif plus important que la police fédérale, "los federales".

Mais avant, une réforme de la loi mexicaine sur la sécurité s'impose pour ancrer la possibilité d'un commandement civil aux forces armées, en cas de menaces à la sécurité intérieure. Approuvée par le Sénat mexicain, mais pas par la Chambre des députés, la réforme doit trancher le débat de la présence de militaires dans les rues pour le maintien de l'ordre et la lutte contre le narco trafic. La présence de l'armée dans l'espace public relève aujourd'hui d'un vide juridique. La question d'uen force militaire pour affronter les narco trafics servirait à contourner les services de police locaux, gagnés par la corruption, voire infiltrés par les cartels.

Lire toutes les dépêches

 

 

Posted in Criminalités n°4 - février 2013, Dépêches / n°4, Les dépêches - La chronique, Les dépêches hebdomadaires, Revue Criminalités and tagged , , .

Laisser un commentaire