Mexique : une loi pour les victimes

Dans un pays qui a compté plus de 70 000 morts et quelque 21 000 disparus en six ans, en lien direct avec la lutte contre les narco trafics, la Loi générale relative aux victimes a été promulguée le 9 janvier 2013. Elle reçoit l'approbation des spécialistes de la sécurité et des défenseurs des droits humains. Reste à voir l'application concrète.

Selon Javier Zúñiga, conseiller spécial auprès d'Amnesty International, « cette loi résulte des pressions constantes exercées par la société civile et il s'agit d'une avancée importante pour les victimes d'infractions et de violations des droits humains au Mexique. Mais pour que les choses changent vraiment, les autorités mexicaines à tous les niveaux doivent veiller à ce que la loi soit effectivement respectée. Lorsque des atteintes aux droits humains sont commises, les victimes et leurs familles ont le droit qu'une enquête complète et efficace soit menée. Elles ont le droit de connaître la vérité, d'être protégées et soutenues et d'obtenir des compensations. Nous continuerons de faire pression sur les autorités pour que ces droits soient respectés ».

Les ONG rappellent que les cartels de drogue et le crime organisé en général sont responsables de la majorité des violences Mais que des membres des forces de sécurité et de la police sont souvent complices. « Les violations des droits humains commises par les forces de sécurité lors d'opérations de maintien de l'ordre étaient fréquentes lorsque Felipe Calderón était au pouvoir, y compris les disparitions forcées, les détentions arbitraires et la torture. L'absence d'enquête sur la plupart des infractions et des violations des droits humains a établi une culture de l'impunité et empêché les victimes d'obtenir justice » ajoute Amnesty .

Cette loi a aussi le soutien de Javier Sicilia qui a perdu son fils de 24 ans en mars 2011, pris dans une fusillade dans l’Etat de Morelos au sud de Mexico. Depuis, les caravanes pour la paix qu'il a lancé ont sillonné le pays pour faire entendre sa voix lors de grands meetings, présentant  le mouvement pour la paix qu’il a créé. Votée par le parlement en 2012, cette loi avait été bloquée par un recours devant la Cour suprême initié par l'ex-président de la république, Felipe Calderon. Depuis, Enrique Peña Nieto a été élu, en poste depuis le 1er décembre 2012. Il a promis de s’atteler à la lutte contre le crime organisé en faisant diminuer le nombre de victimes.

La nouvelle loi entend protéger les droits des victimes de la violence criminelle, prévoit la création d'une commission de soutien aux victimes à laquelle participeront des représentants de celles-ci et des organisations de la société civile, d'un organe de conseil juridique, d'un registre national des victimes et d'un fonds d'aide et d'assistance chargé de gérer les ressources qui pourront leur être attribuées.

De plus, elle concède aux victimes le droit d’être informées et de se voir expliquer de façon claire le processus pénal mené à l’encontre de leurs agresseurs. Elle leur reconnaît le droit à la recherche de personnes disparues, ainsi que le droit à la protection de l’Etat.

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