Milieu de terrain

Football et rugby professionnels, grand banditisme, les liaisons dangereuses. « Aucun club français de Ligue 1 ne peut dire qu’il n’a aucun lien avec le grand banditisme », commente Thierry Colombié.

Deux enquêtes judiciaires visent le Sporting club de Bastia. Deux enquêtes préliminaires concernant des flux financiers douteux. Les soupçons des enquêteurs se portent d'abord sur la facture (600 000 euros) et le mode d'acquisition d'une pelouse synthétique au centre d'entraînement du club.

La seconde enquête porte sur des transferts financiers de plusieurs centaines de milliers d'euros versés par le club corse à deux sociétés, une entreprise de location de voitures appartenant à Pierre-Marie Geronimi, le président du club bastiais, et un bar PMU lié de très près au gang dit « de La Brise de Mer », dont les membres ont commis plusieurs dizaines d'attaques à main armée contre des banques dans les années 1980 et 1990.

Les investigations ont été lancée suite de signalements à la justice émanant de Tracfin, le service antiblanchiment du ministère de l'économie et des finances. Les enquêtes sont confiées à l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF).

Pour Thierry Colombié, membre de l'OGC et auteur en 2013, « Les Héritiers du Milieu : Au cœur du grand banditisme, de la Corse à Paris » aux éditions de La Martinière, c'est simple : « aujourd’hui, le milieu du grand banditisme n’a plus besoin d’un club de foot pour blanchir de l’argent, comme il le faisait de manière assez simple, en surfacturant les recettes de matchs. Il y a d’autres moyens intraçables pour ça ».

«  On crée un siphonnage de l’argent récolté via des moyens frauduleux, afin par exemple de rétribuer toutes les parties qui ont participé à la réalisation d’un transfert. Pourquoi choisit-on de le faire par le biais d'un bar PMU ?  Ça existe depuis la nuit des temps. On peut penser qu’on transforme l’argent en tickets gagnants, et ça permet de justifier le train de vie de certaines figures liées au grand banditisme. Pareil pour la société de location de voitures. Qui va vérifier sur un parc de 200 voitures combien sont réellement louées ? »

Le ballon ovale aussi

Au même moment, le rugby apparaît dans la même rubrique des affaires louches : Une enquête pour blanchiment d'argent mène au siège de la Fédération française de rugby, qui aurait, selon "Le Canard enchaîné", vendu des milliers de billets pour des matches internationaux du XV de France contre de l'argent liquide issu de la prostitution, de la drogue et du banditisme marseillais.  Selon l'enquête diligentée par le parquet de Marseille, les sommes en jeu dans ce marché noir oscillent entre 600 000 et 800 000 euros par an.

Sources : Le Monde ; 20 minutes ; Le Canard Enchaîné.

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