Narcocorridos, la bande son héroïque et le contrepoint sur le terrain

« Narco cultura », un documentaire sur la culture narco sort en salle le 22 novembre aux Etats-Unis

Les criminels les plus en vue sont devenus des icônes de la culture populaire, adulés comme des héros. Des modèles pour de nombreux mexicains, et plus largement auprès de latino-américians. La musique populaire norteña des « narcocorridos » clinquant de cuivres et d'accordéons, les représentations en poses avantageuses, les armes à la main, toute une imagerie et une bande son formant une culture partagée autour du narco trafic. Cette présentation décomplexée, fait plus que le dé diaboliser le trafic, elle le fait entrer de plein pied dans le quotidien, part d'un mode de vie revendiqué.

Les corridos existent depuis plus d'un siècle à la frontière des Etats-Unis, mais jusqu'à la montée en puissance du narco trafic, ils chantaient plutôt l’amour, la révolution et le banditisme au grand coeur. Aujourd'hui, les narcorridos sont populaires des deux côtés de la frontière, un peu comme le gangsta rap.

« Narco cultura », un documentaire américain tourné par le réalisateur Schaul Schwarz sort le 22 novembre aux États-Unis.Le réalisateur a suivi aux Etats-Unis un groupe de musique norteña, basé à Los Angeles, Los Buknas De Culiacán, membre du « Movimento Alterado », un courant musical dédié à l'écriture de narcocorridos, ballades glorifiant les exploits criminels de narcotrafiquants mexicains, leurs coups de mains, leurs procès, leurs cavales. Comem de grandes aventures En contrepoint le tournage du documentaire a aussi suivi à Ciudad Juárez une équipe de SEMEFO, Servicio Médico Forense, qui effectue inlassablement les identifications de corps sur des scènes de crimes qui laissent sur le carreau, tant des membres des cartels dans la guerre fratricide que se mène lesgroupes rivaux que des victimes innocentes.

Dans l’État mexicain du Chihuahua, une unité de police a pour mission de traquer la diffusion ou la promotion de ces narcocorridos qui font l'apologie du narcotrafic. A la radio ou sur scène dans les concerts, la diffusion d'un narcocorrido est passible d'une lourde amende.

En 2010, le gouvernement mexicain a tenté de criminaliser cette culture en envisageant des peines allant jusqu'à trois ans d'emprisonnement envers les producteurs, chanteurs ou réalisateurs de videosprésentant la criminalité sous un jour favorable. Depuis, l’État de Chihuahua a mis en place un système d'amendes. Sans véritable succès. En juillet dernier, la ville de Chihuahua a voulu dissuader une star de la scène norteña, El Komander, de ne pas chanter ces hymnes à la gloire du crime. Le chanteur a préféré régler l'amende record de cent mille pesos (environ 5700 euros). Le système tente l'amende anticipée : les groupes musicaux doivent à déposer une caution avant de se produire en concert. Caution qui leur est restituée s'ils ne chantent pas de narcocorridos en public.

video trailer :

Sources : Les Inrocks (Paris, France) ; La Presse (Montréal, Canada) ; voxxi.com -Miami, USA)

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