Opium : que demande le peuple ?

Base de l'héroïne, l'opium voit sa production stabilisée en Birmanie, mais toujours croître en Afghanistan, de loin le premier producteur mondial

Une première depuis 2006 : La production d'opium se stabilise en Birmanie, deuxième producteur mondial derrière l'Afghanistan. L'Office des Nations unies contre la drogue et le crime qui révèle ces chiffres dans son rapport annuel note cependant un niveau « inquiétant » lié à une demande régionale en hausse. La demande locale est extrêmement forte, liée à l'augmentation de la population dans la région. Même si la majeure partie de l'opium produit dans le Triangle d'Or est exportée en Chine voisine.

En Birmanie, et principalement dans le nord du pays, 57 800 hectares sont consacrés au pavot à opium contre 57 600 hectares l'an passé.

« La demande est extrêmement forte et progresse encore, en raison aussi de la simple hausse de la population dans la région », souligne Jeremy Douglas, représentant régional de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), auteur de l'étude annuelle publiée à Bangkok.

Dans cette zone dite du « Triangle d'Or », aux confins de la Birmanie, du Laos et du Cambodge, les revenus tirés du pavot à opium sont vitaux pour ses cultivateurs, en moyenne plus endettés et plus exposés aux pénuries alimentaires.

Au total, la Birmanie et le Laos comptent 63 800 hectares de culture de pavot permettant de produire 762 tonnes d'opium. Le Laos inventorie dix fois moins de surface.

Pour  Cheikh Toure, responsable de l'UNODC au Laos,

« Le lien entre la pauvreté, le peu d'alternatives économiques et la culture du pavot est clair. Ces fermiers pauvres qui cultivent de l'opium « vivent loin des centres où ils pourraient vendre leurs produits. Ils ont besoin de solutions viables à la culture du pavot. »

Avec 224 000 hectares de pavot à opium cultivés, soit 7 % de plus quel 'an dernier, trois fois plus qu'en 2002 (74 000 ha), l'Afghanistan, décroche en 2014 un record inégalé, et reste de loin la première source mondiale en fournissant 80% de la production.

Ce constat signe l'échec de la politique antidrogue des États-Unis en Afghanistan, ses programmes d'éradication menés à coup de milliards de dollars. La culture du pavot a explosé, notamment dans le Sud, en partie contrôlé par les rebelles talibans.

Sources : Le Monde ; Agence France Presse.

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