ILS VEULENT ACHETER LA PAIX

PIRATERIE :

AIDES À L'EMPLOI OU RANÇON PRÉVENTIVE ?

Pour décourager la piraterie en Somalie, voici une réponse à un million de dollars, et une autre à 120 millions. L'une joue sur le volet social et mise sur le développement, l'autre sur un dédommagement anticipé purement économique.

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Des emplois durables

Sept majors du transport maritime, Maersk, Shell, British Petroleum, l'armement suédois Stena Line ou les Japonais NYK, MOL and K Line, ont décidé d'apporter en février 2013 un soutien financier d'un million de dollars (775 000 euros) en vue de développer les programmes sociaux en Somalie où le taux de chômage atteint 67 % chez les jeunes, un des taux les plus importants dans le monde.

Dans le but de décourager le recours aux criminalités organisées, le programme de développement des Nations unies, qui supervise ces fonds, veut appuyer la création d'emplois durables, destinés aux jeunes, dans les secteurs de l'agriculture, l'élevage, les industries de la pêche. Le but est de redonner des bases de stabilité au pays.

Cet apport financier s'inscrit dans le programme de l'UNDP (United Nations Development Programme) « Alternative Livelihoods to Piracy in Puntland and Central Regions ».

Tout gagner sans attaquer personne

Certains ont imaginé d'autres réponses à la piraterie, purement économiques.

Selon une « analyse économétrique » réalisée par trois économistes, Tim Besley, Thiemo Fetzer et Hannes Mueller, les méfaits de piraterie au large des côtes somaliennes pourraient être résolus en versant préventivement une somme d'argent correspondant aux gains des pirates, évalués à 120 millions de dollars par an (93 millions d'euros). Sous réserve que le versement de la somme engage une contrepartie des pirates, l'abandon de leurs menées criminelles en échange...

Ils ont calculé qu'un prélèvement de 0,9 % sur les taux de fret maritime suffirait à générer les 120 millions d'euros annuels nécessaires à instaurer la paix des mers au large de la Somalie: une somme qui couvrirait les salaires d'un million et demi de Somalis, selon leur calcul. « Ce qui ne veut pas dire qu'une telle mesure serait réaliste et qu'elle pourrait servir à éviter la piraterie. Mais ça illustre l'échelle des pertes de l'industrie en rapport avec la réalité de l'économie somalienne » écrivent les trois économistes.

Combien ça coûte ?

Sous un regard strictement comptable, c'est clair :  les dommages portés aux intérêts des compagnies de l'industrie maritime cumulent le paiement de rançons, les suppléments de carburant pour contourner les zones dangereuses, les primes de risques payées aux marins fréquentant ces eaux à risques, et la rémunération de sociétés privées paramilitaires. Ce préjudice à l'économie maritime étant évalué par ces mêmes experts à 1,5 milliards de dollars, le versement préventif serait, selon eux, largement gagnant.

Une analyse qualifiée de naïve par des observateurs du monde maritime : le site internet shiptalk ironise : suivre l'esprit d'une telle analyse des économistes mènerait à propos du mariage à se choisir pour conjoint quelqu'un qu'on hait et à lui donner tout de suite la moitié de sa maison, juste pour sauver des années de tourments.

Sources : UNDP, Lloyd's List, shiptalk.com.

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Posted in Criminalités n°8 - juin, juillet, août 2013, Informations / n°8, Les informations - mensuelles -, Revue Criminalités, Tour d'horizon / n°8 - Pirateries and tagged , , , .

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