Prostituée aux Pays-Bas : la légalisation ne protègerait pas des trafics

Prostituées aux Pays Bas : les trafics d'être humain perdurent malgré la légalisation depuis l'an 2000.

Depuis la légalisation de la prostitution en 2000, le trafic humain se serait accru, estiment les autorités néeerlandaises.
« Au lieu de garantir l’indépendance des femmes, la légalisation a débouché sur l’essor du trafic humain. Selon la police, les deux tiers des 20 000 prostituées opérant dans le royaume sont étrangères. Et le quart d’entre elles, surtout Russes, Roumaines et Bulgares, seraient victimes de ce trafic. Le seul chiffre disponible remonte à 2010 : 749 cas de prostitution forcée dénoncés à la police. La partie visible de l’iceberg, que les autorités n’ont pas envie d’observer de trop près » expose la correspondante de Libération à Amsterdam. Sur ces 749 cas, essentiellement féminin, 49 cas étaient des hommes.
Depuis 2000, la prostitution est un secteur économique légal aux Pays-Bas. Ses patrons se dénomment pudiquement « exploitants d’entreprise de relaxation ». Le secteur représenterait quelque  30 000 personnes et engendrerait un chiffre d’affaire d’environ un milliard d’euros.

Publié le 29 novembre, un rapport national sur le trafic de personnes aux Pays-Bas se demande si « la prostitution légalisée entraîne plus de trafic humain ?» pour délivrer une réponse très mitigée : le rapport met plus en avant la faiblesse des statistiques disponibles que sur la gravité ou l’ampleur du phénomène.

La dépendance par la dette, les menace physiques, les violences, l'exploitation existent pour tant, comme le détaille le livre d'un policier néerlandais « De Fatale Fuik » (L’erreur fatale) paru en février 2012. « Bien que nous sachions qu’elles ont été frappées, que leur argent leur a été volé, elles commencent toujours par tout nier. Elles disent : c’était ma faute » explique Henk Werson.

La police se concentre sur l’obtention de preuves contre l’auteur des crimes. Si on veut vraiment voir les signaux, le trafic humain est facilement perceptible, selon Werson. Mais il ajoute que pour permettre des poursuites, toutes les instances impliquées, de la maire aux services de santé, doivent être prêts à porter plainte.

Le traumatisme est permanent, la peur, pour ne pas dire la terreur, tient lieu de coercition persistante.  Leur personnalité leur a été volée, la violence est la norme dans ce milieu où la compassion est totalement absente. Les femmes qui travaillent illégalement aux Pays-Bas se méfient aussi de la police qu'elles estiment corrompue, en tous cas certains agents. Assez pour préférer se taire.

Sources : Libération ; Radio Nederland Afrique : myeurop.info

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