Narco-blocus par dessus la frontière

La Tortilla Border,  un mur passoire

entre le Mexique et le Texas

La Tortilla border ne protège pas le Texas contre les cartels mexicains du narcotrafic. Le mur érigé par les autorités américaines a beau s'allonger, se truffer de caméras, s'étoffer de grillage, se doter de détecteurs sophistiqués, senseurs terrestres et dernières technologies en matière de surveillance; les patrouilles et les contrôles ont beau se multiplier, les drones survoler les kilomètres de frontières, l'influence des trafiquants se fait sentir dans tout l’État du Texas.

 Meurtres, kidnapping, agressions, trafics de drogues, prostitution, contrebande d'armes et blanchiment, mais aussi exploitation et trafic d'enfants. Les autorités texanes redoutent que les méthodes les plus violentes ne passent la frontière : torture, décapitation, intimidation, et attaques de type terroristes avec utilisation d'explosifs et d'armement militaire de guerre, de véhicules piégés et bombes artisanales.

La tactique du blocus urbain, utilisé par les cartels pour paralyser la circulation des véhicules à l 'échelle d'une ville entière a déjà été utilisée au Texas. Des véhicules contrôlés par les narcos, parfois incendiés, bloquent les intersections des artères principales, isolant une aire géographiques pour protéger d'opérations policières. En novembre 2012, cette technique a été utilisée deux fois à McAllen, une ville texane de 130 000 habitants près du Rio Grand.

Toute cette panoplie d'activités est inventoriée par le rapport annuel sur les menaces, établi par l'autorité de l’État en charge de la sécurité, le Texas departement of Public Safety (DPS). « Les cartels mexicains constitue la plus importante menace criminelle au Texas » Leur expansion territoriale hors de leurs fiefs est attribuée à une volonté de contrôle au plus près la chaîne logistique des trafics de drogue? Selon le DPS, six des huit cartels sont opérationnels au Texas : les Zetas, le cartel du Golfe, le cartel de Sinaloa, l'organisation Beltran Leyva, la Familia Michoacana et le cartel de Juarez.

Les connections entre les cartels et les gangs locaux attesteraient des alliances passées par les organisations mexicaines avec des groupes américains dénommés Tango Blast, Texas Syndicate, Barrio Azteca et la Texas Mexican Mafia.

Sources : Valleycentral.com (Texas, USA), Texas Public Safety Threat overview 2013.

Eclairage

Ces circulations criminelles  se situent à la pointe extrême, côté noir, du chromatisme allant des territoires où règne encore l'Etat de droit, en passant par les zones grises, qu'expliquent María Julia Peppino et Lisandro Tanzidans leur analyse sur"les voisinages stratégiques au quotidien".

Elles sont aussi l'aboutissement des "circulations menaçantes"  décrites par Eduardo Manuero.

Cet article vient ainsi compléter le dossier "Zones Grises en Amérique latine"

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Posted in Criminalités n°6 - avril 2013, Dépêches / n°6, Les dépêches - La chronique, Les dépêches hebdomadaires, Revue Criminalités and tagged , , , .

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