Trafics multiples – Analyses générales et méthodologie

La deuxième partie de cet article est disponible ici.

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Le mythe de la transparence en matière criminelle I

- première partie, la seconde sera publiée dans le prochain numéro de janvier 2016 -

Avant d’en venir au fonds, je précise que je n’utilise pas dans le titre de cet article le terme de « mythe » au sens trivial et polémique d’une illusion bien construite, pour des raisons utilitaires que l’on s’avoue plus ou moins, et produisant des effets socialement néfastes.

Je lui donne un sens beaucoup plus proche de celui des anthropologues, à savoir un récit faits d’éléments permanents dans le temps, ayant une grande valeur explicative générale si ce n’est normative, tout en étant susceptibles de variantes et de recompositions, et transmis principalement de façon orale. Cependant, j’emploie ce mot de mythe en lui donnant un contenu différent de celui de l’anthropologie classique, sur deux points : il s’agit essentiellement d’un récit pour l’avenir et non d’un récit des origines, et l’oralité n’est pas en situation de quasi-monopole pour la transmission et la diffusion de ce récit.

Cependant il s’agit bien pour moi d’un récit, car cette transparence me semble énoncée principalement sous la forme suivante : en vous racontant dans le détail comment certains acteurs ont réussi dans le passé à cacher des activités qui devraient légalement être connues et qui s’avèrent susceptibles de sanctions pénales dès qu’on en connaît un peu, nous allons vous raconter aussi, par déduction, comment il pourra être mis fin dans l’avenir à ces activités. Ou disons que c’est ce récit qui m’intéresse.

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