Tribune de Mireille Fanon Mendès-France : le panafricanisme

A la lecture de Frantz Fanon

QUEL AVENIR ET QUEL SENS 

POUR LE PANAFRICANISME ?

Mireille Fanon Mendès-France explique pourquoi elle voit dans le panafricanisme une solution pour libérer l'Afrique des criminalités dont elle a été et reste la victime : la première de ces criminalités, dans l'ordre historique et politique, fut le colonialisme. 

En déclarant que, sous toutes ses formes, il est la négation des droits humains et un obstacle pour le développement et la paix, la déclaration de la conférence de Bandung d’avril 1955, constituait un cri de bataille qui a légitimé et légalisé le droit des peuples - soumis à l’occupation étrangère - à disposer d’eux-mêmes.

Dans une deuxième phase, sans doute celle d'aujourd'hui,  les peuples libérés de l’emprise coloniale n’ont pas travaillé à la promotion d’élites productives, dotées d’une conscience politique et animées par le sens de l’intérêt général.

Fanon avait anticipé ce risque, particulièrement analysé dans le chapitre 3 des Damnés de la terre : mésaventure de la conscience nationale dans lequel il développe l’idée que si les pays nouvellement indépendants n’arrivent pas à former leurs élites, triompherait alors une culture d’affairistes qui ne seraient que la caricature de leurs mentors occidentaux, dans leur comportement et leurs modes de consommation. Les mouvements de libération se transformeraient en parti unique, «la forme moderne de la dictature bourgeoise, sans masque, sans fard, sans scrupule et cynique».

Le panafricanisme fait donc sens, l’émancipation reste à venir et est toujours l’objectif premier des générations qui arrivent aujourd’hui à l’âge de la maturité politique, pour aider les peuples africains  à se libérer des criminalités dont ils sont aujourd'hui les victimes.

Mireille Fanon Mendès-France est la présidente de la  Fondation Frantz Fanon

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