Tunisie : le trésor caché du dictateur

La fortune de l'ancien président tunisien Ben Ali: un magazine réalisé par Vincent Nouzille.  

Dimanche 12  octobre 2014 à 22 H, le magazine de M6 «Enquête exclusive » diffusera une émission sur la fortune de la famille Ben Ali - Trabelsi, celle de l’ancien président tunisien qui fut le premier chef d’Etat à se retrouver contraint de démissionner et qui s’est enfui, chassé par une révolution arabe en janvier 2011.

Réalisé par Vincent Nouzille, présenté par Bernard de La Villardière, ce magazine dresse un premier tableau des détournements, un  véritable pillage de l’économie tunisienne estimé à plusieurs milliards d’euros, auquel s’est livré ce duo constitué d’une part par le président Ben Ali et sa famille et de l’autre par le clan Trabelsi, dont était issue sa seconde épouse Leila Trabelsi.

Le premier se servait grâce à tous les moyens de l’Etat tunisien mobilisés à son service et le second de toutes les  méthodes  éprouvées des hommes d’affaires véreux. Criminalité publique et criminalité privée fusionnaient ainsi, usant aussi bien de la violence dictatoriale que d’agressions mafieuses.

Ce tour d’horizon assez complet, qui ne sacrifie pas trop au sensationnalisme ni au simplisme difficilement évitables dans ce type d’émission, présente la grande qualité de ne pas cacher le problème essentiel que pose ce type de pillage : tant la dimension exorbitante des sommes volées que la variété et la complexité des détournements opérés, auxquels s’ajoute la profonde intégration de ce système de spoliation dans la société tunisienne mais aussi dans d’autres pays,  mettent aujourd’hui en échec bien des efforts de la démocratie  tunisienne en construction, quand l’Etat veut récupérer son dû. Quant à  la justice française, elle ne brille pas par son efficacité dans la saisie sur son territoire de ces biens mal acquis.

A quelques jours de l’élection présidentielle tunisienne qui aura lieu le 23 novembre prochain, les interviews de responsables politiques comme le président Moncef Marzouki, et de femmes tunisiennes, apportent un éclairage indispensable.

L’OGC avait attribué à Zinédine Ben Ali le prix Dictat-or du dictateur déchu qui s’était le plus enrichi aux dépens de son peuple, lors de son colloque du 31 janvier 2014 sur l’argent des dictateurs. Les actes de ce colloque seront publiés dans le prochain numéro de la revue. L’OGC est aussi l’ONG dont le nom n’est pas cité et dont un membre, Déborah, montre dans le magazine les immeubles  parisiens du clan.

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