Un citoyen à l'extrême frontière

 

Un citoyen à l'extrême frontière

 

Pourquoi la Russie défend-t-elle becs et ongles Viktor Bout ? Eléments de compréhension.

Parmi les explications les plus communément avancées pour expliquer la détermination de Moscou d'empêcher l'extradition Viktor Bout vers les États-Unis, il y a la crainte que celui-ci ne livre les détails d'opérations illicites au regard des traités et de la Loi internationale, ainsi que les noms de personnalités impliquées dans l'immédiate après guerre froide.

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Selon Tatiana Stanovaïa (Centre des études politiques, Moscou), citée par l'AFP, le gouvernement russe craint avant tout que Viktor Bout ne dévoile les mécanismes du trafic d'armes international, mettant alors en lumière le rôle de la Russie dans nombre de conflits en cours ou dans certaines zones de tension : "Bout exerçait des fonctions informelles au service de certains membres de la nouvelle nomenklatura, dans et hors le gouvernement... Quand l'État n'est pas en mesure d'avoir des relations explicites avec des pays parias ou des organisations mal famées, dans ces cas on utilise des agents qui, comme lui, se situent à l'extrême frontière de la légalité...".

Professeur à l'Académie russe des sciences militaires, Vadim Koziouline confirme ce point de vue : Viktor Bout ne détiendrait pas d'information compromettante pour l'actuel gouvernement, mais un procès médiatisé aux États-Unis n'en serait pas moins gênant car au lendemain de la débâcle des années Eltsine nombre de fortunes se sont édifiées sur le pillage des arsenaux de la défunte Armée rouge.

Un avis apparemment partagé par Juan Zarate, lequel était encore récemment à la tête du contre-terrorisme américain. Pour mémoire, Juan Carlos Zarate, secrétaire adjoint au Trésor pour la lutte contre le financement du terrorisme, a été chargé de représenter les intérêts du gouvernement américain auprès de la Financial Action Task Force-FATF/GAFI, pivot de la lutte mondiale contre les crimes de blanchiment et les réseaux de financement du terrorisme international. Juan Carlos Zarate assurerait à ce titre la coordination entre l'Administration américaine et le dispositif stratégique de lutte multilatérale (OCDE, Egmont Group, Commission Européenne, Basle Committee, Golf Cooperation Council, Trésor US, DHS, 911 Commission...) contre le blanchiment et le financement du terrorisme et les initiatives privées du Wolfsberg Group of Banks.

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Posted in Criminalités n°1 - oct. 2010 / janv. 2011, Enquêtes et dossiers / n°1, Les enquêtes - trimestrielles -, Revue Criminalités and tagged .

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