USA-MEXIQUE : LE MUR AU SERVICE DES GANGS ?

 LE SÉNAT AMÉRICAIN RENFORCE DOUBLEMENT

LE MUR ENTRE LES USA ET LE MEXIQUE :

 

UNE POLITIQUE DISCUTÉE

20 000 policiers américains supplémentaires vont être embauchés pour la surveillance de la frontière entre les États-Unis et le Mexique, l'« Amexique », selon le terme repris par le journaliste Ed. Vulliamay pour son ouvrage sur « La guerre contre le crime organisé sur la frontière États-Unis-Mexique ».

Ces 20 000 gardes aux frontières doubleront leurs effectifs en rejoignant leurs 20 000 collègues déjà en place. Autre mesure : 1 100 kilomètres de nouvelles clôtures vont être érigées, s'ajoutant aux 1 050 km déjà installées (sur environ 3 200 km de séparation entre les deux pays).

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Ces décisions du Sénat américain arrivent en contrepartie à la régularisation des quelque onze millions de sans-papiers vivant aux États-Unis.

Le mur court sur des milliers de kilomètres, hérissé de barbelés, éclairé de nuit, équipé de caméras, survolé par des drones,patrouillé en permanence par des 4x4... Selon Enrique Morones, de l'ONG Border Angels, 10 000 personnes y ont laissé leur vie depuis 1994.

L'anthropologue Michel Agier* qui s'est beaucoup intéressé aux migrations et aux camps de réfugiés. Dans un entretien avec le magazine Sciences humaines, il évoque un des effets de la construction d'un mur sécuritaire destiné à rendre infranchissable une frontière :

« Confondre la frontière et le mur, c’est commettre une erreur sur le plan théorique, politique et anthropologique. À vouloir, dans le cadre des politiques migratoires, dire que le mur nous protège d’un danger, on tombe dans le piège identitaire qui pousse à penser que l’on ne survivra que si l’on s’enferme. Quand on regarde de plus près, on observe que, dès qu’il y a un mur, il y a des trous dans ce mur, et des passeurs.

Le passeur est, à l’origine, un simple migrant qui vous aide à monter dans le camion ou dans le bateau pour traverser la mer. Mais dès que des murs se construisent, les choses se figent. Le passeur devient alors un spécialiste du passage et se professionnalise. Je ne juge pas les passeurs, l’analyse morale est ici inutile, compte tenu de la brutalité du contexte politique. Le mur n’empêche pas de passer, mais rend simplement le passage plus dangereux, et place les migrants à la merci de profiteurs. »

* Directeur de recherche à l’IRD (Institut de recherche pour le développement) et Directeur d’études à l’EHESS (École des hautes études en sciences sociales)

Sources : Sciences humaines ; AFP.

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Posted in Criminalités n°8 - juin, juillet, août 2013, Dépêches / n°8, Les dépêches - La chronique, Les dépêches hebdomadaires, Revue Criminalités and tagged , , , .

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